Les enfants intellectuellement précoces sont-ils particulièrement anxieux ?

Je réagis aujourd’hui au post paru le 9 février sur le blog de Nicolas Gauvrit : Les enfants intellectuellement précoces sont-ils particulièrement anxieux ?
Nicolas Gauvrit est l’auteur de Les surdoués ordinaires ouvrage que je n’ai pas encore chroniqué ici. Il est Maître de conférences et chercheur en sciences cognitives à l’Ecole pratique des hautes études (Paris).

Dans cet article, Nicolas Gauvrit aborde la question de l’anxiété communément admise des enfants précoces et publie deux graphiques montrant que si, selon les sondés, les enfants précoces seraient nettement plus anxieux, selon les recherches scientifiques, ils le seraient en définitive moins que les autres. L’auteur s’appuie toujours sur des publications scientifiques et nous saluons ici cette démarche scientifique.

Graphique anxiété Nicolas Gauvrit
Nous voudrions nous attarder dans cet article, sur l’aspect culturel, anthropologique, de la question du haut potentiel qu’aborde N. Gauvrit dans sa publication.
Il dit : « Il est bien sûr possible que l’anxiété des surdoués soit sous la dépendance d’effets culturels : aux Etats-Unis et en Israël, où une majorité de ces travaux ont été menés, les surdoués sont sans doute mieux perçus qu’en France, où on les considère parfois avec un certain mépris comme des enfants gâtés. Néanmoins, il se trouve que parmi les 13 études, deux ont été faites en France (Guénolé et al., 2013 ; Guignard et al., 2012), et aucune ne trouve de lien significatif entre anxiété et douance. »
Etant anthropologue de formation, je pense en effet que cette question de l’origine culturelle est essentielle. Nous sommes, en France, plongés dans une culture de la norme (voire de la normalisation) qui tend à bannir tout ce qui « dépasse ». On peut lire le chapitre consacré à ce sujet par Monique de Kermadec dans « L’adulte surdoué » (p89 à 99). Elle y explique notamment que notre fonctionnement sociétal hyper hiérarchisé, l’importance dans notre société du respect de la règle, la prédominance du long terme sur le court terme et le manque de valorisation de la prise de risques dans notre pays, convient assez peu aux surdoués.
Lorsqu’on travaille sur les questions de l’interculturalité ou de la multiculturalité, on se rend compte en effet de l’emprise culturelle et sociétale sur le développement de l’individu, sur sa capacité à se positionner en tant qu’individu au sein du groupe auquel il appartient etc. De très nombreux travaux d’anthropologues, sociologues et psychologues ont été publiés sur cette question. On peut citer Erving Goffman et l’excellent « Les rites d’interaction ».
Bref cet aspect de la question est extrêmement intéressant et personnellement me passionne, je continuerai à m’y intéresser. Tout comme me passionne l’apport récent des neuro-sciences et les travaux actuels sur le cerveau neurosocial et l’intelligence relationnelle (Goleman, Bustany, Cyrulnik etc).
Le livre de Nicolas Gauvrit est intéressant et apporte un éclairage nouveau et nécessaire sur ces surdoués « ordinaires ». Et cette question de l’anxiété et de son possible sur-investissement est également fort intéressante. Mais je pense qu’il n’est aujourd’hui pas possible, au vu du petit nombre d’études scientifiques menées dans notre pays et de la difficulté de constituer un échantillonnage « objectif » de surdoués (il l’explique lui-même dans son livre), de trancher sur cette question.
Au final, il me semble que toute catégorisation est actuellement hasardeuse, et qu’il est peut-être aussi « dangereux » et nuisible de publier un graphique montrant que les surdoués sont moins anxieux que les autres que de véhiculer l’idée que tous les HP sont anxieux.
A suivre…

Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner

Votre cerveau n’ai pas fini de vous étonner.

Entretiens avec B. Cyrulnik, P. Bustany, J-M. Oughourlian, C. André et T. Janssen sous la direction de Patrice Van Eersel.

Voyre cerveau n'a pas fini de vous étonner
De récentes découvertes montrent que les capacités du cerveau sont bien plus étonnantes qu’on ne le croyait : non seulement le cerveau est élastique (âgé ou handicapé, il peut se reconstruire, apprendre, inventer) mais aussi social (il n’existe qu’en résonance avec d’autres, ce qui ouvre d’incroyables perspectives). La combinaison de ces facultés laisse supposer que l’homme peut agir sur l’évolution de son cerveau.

Patrice Van Eersel, rédacteur en chef du magazine Clés, présente ces recherches fascinantes sous la forme d’entretiens avec cinq médecins-chercheurs réputés (ethnologue, psychiatres, neurologue) : plasticité neuronale, nouvelles techniques d’imagerie cérébrale, mise en pratique des avancées des neurocognitivistes sur les moines en méditation, apport de la médecine orientale…
Ce livre est extraordinaire, non seulement par la voix des grands dont il se fait l’écho mais aussi par son accessibilité et les formidables opportunités qu’il laisse apparaître. A lire absolument !

Sommaire :

Notre cerveau est plastique : nos neurones se remodèlent et se reconnectent jusqu’à la fin de notre vie ?
Notre cerveau est social : Pourquoi nos neurones ont besoin d’autrui pour fonctionner ?
Notre cerveau est émotionnel et autonome : Sentir, penser, agir…ne consomme que 1% de notre énergie cérébral. Que fait-on du reste ? (rien à voir avec le film Lucy de Besson, on y append que le reste « travaille » dans l’ombre pour nourrir les fameux 1%…)
Notre cerveau reste une énigme : Si nos rêves s’écrivent à al seconde où nous nous réveillons, que fait notre cerveau avant?
Mais alors qu’est-ce que la conscience ?

L’adulte surdoué – Apprendre à faire simple quand on est compliqué

L’adulte surdoué – Apprendre à faire simple quand on est compliqué
Monique de Kermadec – Albin Michel 2011.

Dans ce livre, Monique de Kermadec s’appuie sur sa pratique pour démontrer aux adultes à Haut Potentiel qu’elle nomme surdoués, qu’il n’est pas trop tard pour s’épanouir, accroître son intelligence émotionnelle, relationnelle et créatrice, point fort des adultes surdoués, point faible de toutes les pédagogies. Elle y donne la clé des étapes à franchir pour y parvenir.

Extrait de l’introduction :

 » Au cours de mes années de pratique, dans mon cabinet, mais encore en tant que thérapeute, j’ai rencontré plus d’un millier d’hommes et de femmes hors norme. Ils m’ont enseigné que si chacun d’eux était singulier dans son essence, littéralement extra-ordinaire, tous partageaient certaines forces, certaines originalités de vues et d’approches. Presque toujours, ils ont en commun d’avoir rencontré les mêmes problèmes pour nommer et analyser leurs souffrances, et résoudre harmonieusement leurs déceptions en amour, en amitié, en famille ou dans le monde du travail. Tous ont été des enfants précoces, dont les complexes, les difficultés, la vision du monde, se sont mués, à l’âge adulte, en un déficit de confiance en soi ; tous ressentent une frustration parce que leurs aspirations fondamentales restent inassouvies : tous sont censurés dans leur réalisation par leur entourage que leur « originalité » effraie et que leur différence rebute. Et, pour une très grande majorité d’entre eux, l’inquiétude qu’ils suscitent les contraint à recourir à une fasse identité, à un mimétisme social de circonstance qui les étouffe. Alors, il leur revient, du plus lointain de leur enfance, l’attente d’une permission à se vivre tels qu’ils sont que personne ne plus leur donner… »
Monique de Kermadec

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