Blandine Loustau, psychologue clinicienne

HP et souffrance de l’enfant.

Une interview de Blandine Loustau, Psychologue clinicienne du réseau Anthropologia dans Sud-Ouest.
L’article fait suite à la tentative de suicide d’un collégien.
L’intégralité de l’article  ICI
Blandine
Extrait : «  Au collège de Grenade-sur-l’Adour, en décembre 2011, un autre collégien EIP avait fait une tentative de suicide. Peut-on dire qu’ils sont une population plus à risque sur le suicide ?

Non. Faire ce lien serait une erreur très grave et lourde de conséquences. Ce que je peux affirmer, c’est que les enfants précoces dits « doués » ne sont pas seulement des enfants à fort potentiel, ce sont aussi des enfants à « haut risque ». D’où l’importance de repérer la précocité le plus tôt possible. Lorsqu’un enfant détecté précoce bénéficie d’un cadre familial rassurant et stable, il évolue de manière très favorable.

Le 27 octobre, « Sud Ouest » relatait le déménagement forcé d’une famille dont l’enfant, diagnostiqué précoce, subissait du harcèlement à l’école. Est-ce un problème fréquent chez les enfants précoces ?

C’est vrai, ils sont très souvent la cible de harcèlements. D’où l’importance d’une intégration avec les autres enfants dans un système scolaire adapté, structurant et rassurant. C’est très important qu’ils soient reconnus, acceptés et protégés. Le harcèlement est un système pervers, aux facteurs complexes mais qui intervient très souvent quand le cadre n’est pas posé.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de structures adaptées pour ces enfants ?

La précocité est très mal connue et reconnue par les professionnels de santé. C’est un sujet tabou et dérangeant. En France, nous sommes en retard dans ce domaine. Il manque des moyens financiers pour former des enseignants et des professionnels susceptibles de détecter la précocité. Il y a une volonté des organismes de fermer les yeux. En tant que professionnelle, je suis souvent en contact avec les écoles et parfois c’est un vrai parcours du combattant pour faire accepter la précocité car c’est un thème mal connu ou peu reconnu. Je regrette que certains professionnels contestent ou ne reconnaissent pas le haut potentiel. Cela peut aller jusqu’à contester la valeur d’un bilan psychométrique (test QI) ! Et çà c’est inquiétant. « 

150 000 surdoués ne savent pas qu’ils le sont.

150 000 surdoués ne savent pas qu’ils le sont.


La Dépêche

Olivier Revaol in La Dépêche

En France plus de 300 000 personnes sont considérées comme surdouées. Selon Olivier Revol, plus de la moitié ne savent pas qu’ils le sont.
Entretien avec de Rémi Buhagiar avec Olivier Revol in La Dépêche du 23/10/2014.

Votre progéniture vous mène la vie dure ? Elle ne veut plus aller à l’école, ou perturbe les cours de ses petits camarades ? Sans que vous le sachiez, elle fait peut-être partie des 300 000 surdoués français. Olivier Revol, chef du service de psychiatrie et neuropsychiatrie de Lyon, tiendra une conférence à ce sujet demain soir à l’Université Paul Sabatier. Il nous en parle.

Comment détecte-t-on un enfant surdoué ?
On observe des signes différents selon l’âge de la personne concernée. Les petits avec une intelligence supérieure à la moyenne ont souvent un regard différent. Ils parlent tôt et possèdent la même syntaxe qu’un parent. Ils veulent tout contrôler et tout comprendre. Chez l’adulte, ce n’est pas pareil. Souvent, il a des fulgurances, il est anxieux et sensible. Il se sent en décalage avec la société et n’a pas les mêmes centres d’intérêt.

On peut donc être adulte surdoué sans le savoir…
Sur les 300 000 surdoués, environ 150 000 ignorent qu’ils le sont. Certaines personnes sont mal dans leur peau depuis l’enfance. La plupart du temps, les parents s’aperçoivent qu’ils sont surdoués au moment où on le détecte sur leurs petits. Après ça, ils sont soulagés, car ils comprennent leur mal-être

L’éducation nationale a-t-elle un programme spécifique pour ces jeunes ?
Tout est fait pour que les enfants à fort potentiel soient accueillis comme les autres, tout en tenant compte des différences. Comme pour un dyslexique par exemple. Les professeurs sont chargés d’approfondir leur discours avec un programme plus spécialisé. Des fois, l’élève saute une classe en primaire ou en maternel afin qu’il ne s’ennuie pas.

Ces personnes-là sont souvent moquées au collège…
C’est effectivement la période la plus compliquée pour eux. Ces gamins sont souvent moqués ou victimes d’invincibilités. Du coup, ils croient être moins bien que les autres. La classe la plus difficile, c’est la cinquième. Le décalage se voit plus, surtout que c’est la plus ennuyeuse, sachant que l’on répète ce que l’on a déjà vu en sixième…

Faut-il les mettre dans des écoles spécialisées ?
Je ne sais pas, je pense que c’est du cas par cas. Selon moi, l’école idéale pour un jeune précoce est celle de son village ou de son quartier. Il doit être avec ses amis. Par contre, s’il rencontre des difficultés, il faut le mettre dans un collège pour surdoué, avec un cursus en trois ans au lieu de quatre.

On dit souvent que les enfants intelligents perturbent le reste de la classe…
Une fille précoce va avoir tendance à fuir l’école. Comme elle s’ennuie, elle ne veut plus y aller. Pour les garçons c’est différent. Ils ont tendance à vouloir se faire remarquer avec des comportements inadaptés, ils n’écoutent rien. Les parents doivent faire attention lorsqu’ils observent ces signes chez leurs enfants.

Que faut-il faire pour savoir si l’on fait partie des surdoués ?
Vous devez aller voir un psychologue pour un test de QI. Au-delà de 130, vous êtes considérés comme au-dessus de la moyenne. Après, le résultat on s’en moque un peu. Le plus intéressant c’est les points forts et les points faibles de ces gens-là. Il y a plusieurs types d’intelligence, c’est pour cela que les surdoués travaillent dans tous les corps de métiers. »

http://www.ladepeche.fr/article/2014/10/23/1977834-150-000-surdoues-ne-savent-pas-qu-ils-le-sont.html

 

 

 

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