Scolarité houleuse, scolarité heureuse

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Une fois n’est pas coutume, je voudrais aborder cette rentrée de façon un peu personnelle afin de (re)donner espoir à tous les parents de ces petits zèbres et précoces de tous poils.

Je n’en fais pas mystère lorsqu’on me pose la question, c’est mon fils qui m’a amenée à décider de me consacrer à l’accompagnement du haut potentiel intellectuel et émotionnel. Si j’aborde publiquement le sujet aujourd’hui ce n’est pas pour faire l’étalage d’une quelconque fierté maternelle (même si je suis très fière de mon fils), mais pour encourager tous ces enfants et tous ces parents découragés, perdus et inquiets.
Dans quelques jours E. entre en seconde dans un excellent lycée de la région après avoir obtenu son DNB avec mention assez-bien. Pas de quoi sauter au plafond, sauf si l’on remonte un peu en arrière. Très en arrière. Précisément jusqu’en moyenne section de maternelle où une formidable institutrice (Anouk si tu te reconnais un jour, honte à toi) me déclare que mon fils ne saura jamais ni lire ni écrire et qu’il est une graine de délinquant… Il a alors trois ans… Ceci n’est que le début d’une grande histoire d’amour avec l’école qui durera jusqu’en 4ème , où tout va changer.

Détecté « enfant précoce » dès son plus jeune âge, E. a toujours été accompagné car il a eu cette immense « chance » de cumuler à peu près toutes les difficultés (un véritable cas d’école pour moi, merci à lui). Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysgraphie, trouble visuo-spatial… Depuis son plus jeune âge il a connu psychologues, orthophonistes et psychomotricienne. Fin de la 6ème, on lui a même diagnostiqué à tort un TDAHI et prescrit de la Ritaline. Heureusement que nous l’avons fait re-tester ailleurs. Autant vous dire que durant toutes ces années ses résultats scolaires ont été inégaux et son comportement en classe souvent difficile pour les professeurs. E. a eu la chance d’être globalement accompagné par des professionnels de qualité mais cela n’a pas empêché la souffrance, l’isolement, le découragement, la spirale de l’échec, le dégoût de soi parfois et la profonde certitude d’être nul. Définitivement.

Alors comment en arrive-t-on aux résultats d’aujourd’hui vous demandez-vous ? Avec patience et confiance. En ne lâchant rien quoi qu’on vous dise sur votre enfant si vous jugez, vous, qu’il a les capacités d’y arriver. En lui permettant de croire que, s’il le veut vraiment comme il le dit, il pourra aller à l’université. En n’écoutant pas les fâcheux qui vous diront de laisser tomber. En trouvant les bons guides. En croyant en vous et en votre enfant. Il manque encore une chose à cette déjà délicate équation : en trouvant le bon établissement scolaire. Celui qui lui correspond. Et qui peut être parfois comme le dit le Dr. Olivier Revol, celui du bout de la rue. Un établissement scolaire dans lequel la Direction est sensible à la question des enfants précoces. Si possible de petite taille pour que l’enfant soit encadré. Et surtout un établissement bienveillant qui l’écoute, le reprend quand il s’égare mais sans le stigmatiser ni l’exclure et qui sait l’encourager, le féliciter et lui redonner confiance. Confiance dans les enseignants, dans la justice du système scolaire et surtout confiance en lui et envie d’y croire et d’avancer.
Bien entendu la route est encore longue pour E. jusqu’à l’université. Les embûches seront nombreuses peut-être. Il y aura des jours où le découragement reprendra le dessus. Mais rien ne pourra jamais lui enlever le souvenir de la joie de ce 12 juillet 2017 : admis avec mention assez-bien.

Alors ayez foi en votre enfant et en vous et ne baissez pas les bras. C’est difficile, injuste, inquiétant, désespérant ? Oui parfois. Souvent. Mais vous avez sûrement déjà croisé sur votre chemin de douleur, des enseignants supers ou des thérapeutes extra. Et nombreuses ont été vos joies et vos fiertés. N’oubliez pas non plus ces moments où la fulgurance de l’intelligence de votre enfant vous stupéfie. Où la sagesse de ses propos vous déconcerte. Où son extrême clairvoyance vous décontenance. Il est là l’espoir. Dans ses immenses capacités, dans sa grande résilience. Pourvu que ne disparaissent pas l’envie et la confiance.
Belle route à tous

L’adulte doué et ses parents

L’adulte doué et ses parents – par Arielle ADDA

Le Journal des Femmes – 13 mai 2016

Arielle Adda

Je poste cet article car cette question : « dois-je en parler à mes parents ? » m’est très souvent posée au cabinet par les adultes à Haut Potentiel. Arielle Adda ne répond pas précisément ici à cette question mais en revanche, elle montre, subtilement comme toujours, le lien nouveau qui peut se créer, quand cet enfant devenu adulte, apprend à son parent à se reconnaître lui-même  : la  portée de cette révélation n’est pas la même quand cette information essentielle, puisqu’elle touche le cœur même de la personne concernée, a été fournie par l’enfant qu’on a guidé, accompagné et éduqué en fonction de ses propres principes.  »

« Quand, après de longues recherches, des tâtonnements, de rencontres pas toujours efficaces avec des personnes sensées l’écouter et l’aider, un adulte découvre qu’il fait partie des personnes douées, il se demande inéluctablement comment se comporter vis-à-vis de ses parents.

Il lui a fallu un peu de temps pour accepter cette idée, mais, avant même d’en saisir véritablement toute la portée, il songe à ses parents. Grâce à l’éclairage fourni par cette découverte, il les voit différemment, il comprend mieux des aspects, parfois surprenants, de leur comportement et il commence à s’interroger sur sa façon d’être désormais avec eux. Il aimerait se hasarder à évoquer avec le plus de tact et de discrétion possibles  l’hypothèse d’un don intellectuel qui les concernerait eux aussi.

Il faut rester d’une prudence de sioux pour tenter d’entamer sans provoquer de dégâts trop meurtriers des défenses échafaudées durant des décennies. Dans le meilleur des cas, cette révélation peut entraîner une nouvelle forme d’entente, plus subtile et complice : ce parent ou ces parents qui ont été révélés à eux-mêmes par leur enfant se réconcilient avec des aspects de leur propre personnalité qu’ils ne comprenaient pas bien, ils savent désormais pourquoi certaines personnes les hérissent et pourquoi ils se sentent si heureux avec d’autres.  Même si ces idées restent floues, s’ils refusent de se reconnaître véritablement,  une modification subtile, pratiquement imperceptible, s’opère, comme un nœud caché qui se dénouerait et c’est leur enfant qui a réussi cette transformation, en se gardant bien d’exprimer des reproches pour les dénis et les aveuglements passés dont il comprendrait finalement  les raisons. Ses parents ont bien dû être alertés par une maîtresse particulièrement perspicace et attentive, ou par un professeur appréciant les qualités de leur enfant, mais ils n’auraient, en réalité, jamais osé envisager un quelconque don intellectuel, comme si cette hypothèse ne pouvait les concerner.

C’est leur enfant, devenu adulte,  qui joue le rôle de révélateur, il peut rarement mener à bien cette œuvre sans être aidé ou, du moins, accompagné, tant cette démarche demande de subtilité, de doigté, de finesse : les places sont inversées, l’enfant accompagne son parent sur le chemin de la révélation à lui-même.

Cette révélation peut s’appliquer à tout âge, même quand on arrive au bout de son existence, le temps qui reste encore  n’a pas la même tonalité, pas la même saveur. Il faut du temps pour s’habituer à cette donnée finalement révolutionnaire. Déjà l’adulte qui a entrepris ces démarches doit réviser son existence passée à la lumière de cette donnée : ses amitiés, parfois surprenantes, le déroulement de sa scolarité, les déconvenues qu’il ne s’expliquait pas ou bien dont il se sentait coupable, en fait tous les événements qui ont jalonné sa vie et qui semblaient parfois désordonnés et chaotiques en l’absence de la grille de lecture adaptée.

Ceux qui entreprennent cette démarche peuvent d’ailleurs être au seuil de la retraite, mais ils leur reste encore de nombreuses années et ils veulent qu’elles soient les plus riches et les plus intéressantes possibles : au contraire, débarrassés des contraintes familiales et professionnelles, quotidiennes et obligatoires, qu’ils ont supportées si longtemps, ils désirent s’accomplir pleinement, heureux de s’offrir une liberté ignorée jusque-là. Tout au long de ce parcours de révélation, ils sont restés maîtres de leur destinée.

Il arrive même que ce soit grâce à leurs petit enfants, reconnus officiellement « doués »,  qu’ils passent l’histoire de leur existence au filtre de cette nouvelle donnée ; c’est alors  une découverte encore plus troublante.

La  portée de cette révélation n’est pas la même quand cette information essentielle, puisqu’elle touche le cœur même de la personne concernée, a été fournie par l’enfant qu’on a guidé, accompagné et éduqué en fonction de ses propres principes. C’est une révision profonde de l’existence toute entière au moment où on aborde la période qui voit  s’amorcer les deuils, réels ou psychologiques, les renoncements de tous ordres,  les pertes auxquelles il faut bien se résigner.

Les enfants, déjà bien adultes, se sentent pratiquement contraints de communiquer cette donnée capitale à leurs parents.  Ils ne se sentiraient pas en paix avec eux-mêmes s’ils se dérobaient, mais il est parfois difficile de trouver le courage d’affronter des réactions bien souvent prévisibles de déni, d’indignation, d’incrédulité totale ou même de colère qu’aucune démonstration ne semble capable d’entamer.

La première étape, consistant à révéler à ses parents qu’on se situe dans une partie très restreinte de la population est déjà délicate.  Des parents y voient un reproche déguisé, ils se justifient alors, parfois par de brutales dénégations, comme d’y voir une excuse maladroite pour expliquer le  parcours scolaire mouvementé et décevant de cet enfant qui leur transmet ces informations tellement perturbatrices et ils s’insurgent contre cette hypothèse les concernant, mais cette position n’est pas tenable très longtemps, sauf exceptions particulièrement entêtées, et l’idée commence à faire son chemin.  On suggère quelques lectures sous le prétexte de mieux comprendre des petits enfants, des petits neveux, des petits voisins particulièrement éveillés.

C’est un travail extrêmement lent, souterrain, cette révélation s’opère peu à peu, à l’image des vestiges d’un très ancien temps profondément enfouis et qu’on met à jour avec de multiples précautions tant ils sont fragiles.

Plonger dans un passé si lointain où les souvenirs s’emmêlent ou bien se confondent parfois  avec l’Histoire est complexe ; il arrive pourtant que cette révélation modifie radicalement la personnalité de celui qui se découvre tel qu’il est véritablement. Lire ou entendre la description fidèle de soi sous un éclairage  qu’on ignorait peut amorcer une révolution tellement profonde que la personnalité toute entière est bouleversée. Le danger le plus dévastateur serait que, seul, l’un des deux parents soient concerné, mais, dans ce cas, il y a plus souvent eu une séparation : dans un couple solide, les deux partenaires doivent fonctionner au même rythme. Malgré tout, entre deux personnes également douées  une mésentente tout aussi destructrice peut s’installer, surtout s’il y a une faille profonde chez l’un d’eux. L’étincelle qui a jaillit lors de la rencontre n’a pas été suffisamment puissante pour dissiper tous les malaises installés depuis longtemps.

Les enfants devenus plus lucides comprennent l’origine de ces désastres, ils se sentent plus forts pour les affronter, ils commencent à connaître la paix. »

SOPHROLOGIE ET HAUT POTENTIEL

En quoi la sophrologie est-elle un accompagnement efficace dans la gestion du Haut Potentiel ?

Si j’ai décidé il y a deux ans de me former à la sophrologie, c’est parce que je savais que la sophrologie pouvait être un bon outil pour l’accompagnement des enfants précoces et des adultes à Haut Potentiel.
À l’issue des 19 mois de formation du cycle fondamental du Master de sophrologie caycédienne, je sais que la sophrologie est plus que cela. Elle est un ensemble de propositions et de moyens, une boîte à outils complète, offerte à toute personne qui se donne la peine de bien vouloir l’ouvrir.

La Sophrologie est un entraînement personnel, basé sur des techniques de relaxation et d’activation du corps et de l’esprit. C’est une discipline qui permet à chacun de développer ses potentiels et ses capacités.

La Sophrologie caycédienne est la sophrologie dans sa forme authentique.

Elle a été créée en milieu hospitalier par le Dr Alfonso Caycedo, médecin psychiatre, qui n’a cessé depuis 1960 de développer et d’enrichir sa méthode.
Elle se fonde sur l’observation et l’étude de la conscience, de la perception corporelle et de la relation corps-esprit, ainsi que leur influence sur le mode de vie. Son objectif est d’aider à renforcer les attitudes et valeurs positives au quotidien, dans le champ professionnel comme personnel, ainsi que de développer les capacités de gestion active du stress et des émotions négatives. La pratique régulière de la Sophrologie caycédienne avec un professionnel puis de façon autonome permet ainsi à chacun d’optimiser ses capacités et son efficacité au quotidien. (Source : www.sofrocay.com)

Je souhaite ici aborder les quelques points essentiels qui me semblent justifier le recours à la sophrologie pour les personnes à Haut Potentiel. Ces considérations pourront être développées ultérieurement.

Le corps comme un refuge : réduire les pensées parasites.

Stopper ses pensées :

Souvent, l’enfant et l’adulte surdoués se sentent piégés dans un mental surefficient qui ne cesse jamais de fonctionner et les fatigue énormément. Une demande récurrente de ce public : comment stopper ces pensées incessantes, où est le bouton off ? Les conseils de l’entourage bien intentionné, se résument souvent en une injonction paradoxale : «  arrête de penser », « tu te poses trop de questions », ou, « tu devrais lâcher prise ». « Lâcher prise » est l’expression honnie et le pire conseil que l’on puisse donner à une personne à Haut Potentiel. C’est précisément ce qu’elle souhaiterait le plus au monde mais justement, elle n’y parvient que rarement, voire jamais.
Comment faire dès lors ? Plusieurs méthodes peuvent répondre à cette demande. Dans tous les cas, elles ne sont pas magiques et demandent de l’entraînement. On peut citer principalement le yoga, la méditation de pleine conscience et la sophrologie. Je vais bien entendu développer ici les atouts de la pratique sophrologique.

Un entraînement simple :

La sophrologie présente plusieurs avantages sur ses voisines et amies dont le plus évident est que l’entraînement est plus simple et les résultats plus rapides. Dès la première ou la seconde séance pratiquée avec un sophrologue on peut s’entraîner seul. Qui plus est, on peut s’entraîner en quelques minutes, n’importe où, dans la plupart des situations du quotidien. Chez soi, au travail, dans sa voiture, en se baladant dans la nature etc. Il n’y pas d’organisation complexe à mettre en œuvre pour ces petits exercices quotidiens. Si l’on veut en revanche faire un entraînement plus poussé, il faut du silence, une chaise et 10 à 20 minutes de son précieux temps. C’est tout ? Oui c’est tout.

Surrefficience mentale et fatigue:

Dans le cas de la surefficience mentale, ce sont les pensées en boucle qui fatiguent, angoissent et/ou empêchent de dormir l’enfant ou l’adulte à haut potentiel. Quelle est l’aide apportée par la sophrologie caycédienne ? En quoi le corps constitue-t-il un outil ?
La sophrologie permet de prendre conscience du fait que notre corps est un socle, un refuge permanent, contre les agressions extérieures et contre la prédominance du mental. Revenir à sa corporalité, ici et maintenant, est le meilleur moyen de lutter contre les assauts émotionnels et les pensées incessantes. Et le grand avantage, c’est que cet outil, notre corps, est toujours avec nous (pour autant que l’on ne souffre pas d’une forme de désincarnation pathologique). Il suffit simplement d’en avoir une meilleure conscience globale.

Le corps comme ressource : Prendre conscience de l’existence de son corps et de ses capacités.

Un rapport au corps distancié.

Très souvent la personne à haut potentiel souffre de manière insidieuse et non pathologique, d’un rapport distancié à son corps. Le corps est un outil, un vaisseau, qui doit se plier à sa volonté, lui obéir, la transporter et se faire le plus discret possible. La prédominance du mental sur le corps chez la personne HP, lui fait parfois penser que son corps n’est qu’une enveloppe extérieure, un dispositif de métabolisation de la nourriture et du sommeil.

En réalité le corps est premier, même lorsqu’il se laisse oublier. Je ne parle pas seulement ici de la nécessité de prendre soin de son corps par son alimentation et l’exercice physique. Il est davantage question de prendre conscience de son corps, de sa réalité, de ses forces et de ses capacités. Ce sont ces capacités structurelles de notre corps qui nous permettent d’exister. Il s’agit alors de le réaliser vraiment, et d’entraîner ces capacités pour les développer, les renforcer. La première capacité que l’on va utiliser, c’est la respiration.

De l’importance de la respiration.

Il paraît évident à tous que respirer est un acte automatique et permanent, commun aux êtres vivants. Mais il n’y a pourtant que l’Homme pour oublier de respirer. Pour bloquer sa respiration dans les moments les plus importants ou pour vivre en apnée les situations complexes ou douloureuses. La respiration n’est pas une simple oxygénation nécessaire de nos cellules, elle est également un vecteur de tension et de malaise, ou, a contrario, de détente et de bien-être. Il ne tient qu’à nous d’en prendre conscience et de s’en servir. C’est ce que propose la sophrologie : respirer en conscience.

Pour cela, il suffit de s’arrêter quelques instants, et de prendre conscience de sa respiration dans chaque étage respiratoire ou système. Prendre conscience du circuit de l’air, du mouvement corporel qui y est associé, de la température de cet air qui entre et qui sort et de son effet sur notre corps. La respiration devient ainsi un recours, un moyen efficace de lutter contre nombre de désagréments comme le stress, l’anxiété, les difficultés de concentration etc.

Renforcer la présence du corps dans la conscience.

La seconde étape sera de renforcer la présence du corps dans sa conscience en explorant sa forme et sa capacité de mouvement. Mon corps n’est pas étranger à moi-même. Je peux le toucher, le sentir, je peux expérimenter sa capacité de mouvement. Petit à petit cette concentration sur son corps permet d’intégrer la présence de ce corps dans la conscience.

Cette évolution simple n’est pas anodine. Elle est la première étape de la réconciliation entre le corps et l’esprit, étape fondamentale pour la personne à haut Potentiel qui a trop souvent oublié son corps.

L’hyperperception sensorielle.

 Dans les caractéristiques principales communes à toutes les personnes à Haut Potentiel, on retrouve une hyperperception sensorielle. Des cinq sens parfois, mais a minima de l’un d’entre eux.

Cette hyper réceptivité sensorielle est le plus souvent vécue comme anormale et parfois comme un inconvénient, car elle peut, dans certains cas, être la cause de malaises récurrents : phobies alimentaires, intolérance à certaines odeurs ou forte gêne face à elles, incapacité à se concentrer dans certaines circonstances sonores etc. Certains petits enfants ne supportent pas qu’on leur parle et qu’on les touche en même temps. Un contexte bruyant comme la crèche, va rendre le bébé ingérable, un collégien peut ne pas réussir à faire un contrôle en classe si son voisin de derrière tapote la table avec son stylo etc.

 Un déficit de l’inhibition latente

 Outre cette hyperperception sensorielle, la personne à Haut Potentiel présente un déficit de l’inhibition latente. Il s’agit d’un filtre, qui permet « normalement », de faire le tri entre les informations importantes et celles qui le sont moins. Toutes les informations quelles qu’elles soient arrivent au cerveau de la personne à Haut Potentiel avec la même importance.

Peu à peu, elle apprend à compenser cela. Mais, par exemple, la plupart des adultes conservent une grande difficulté à mener des conversations dans un endroit bruyant ou lorsqu’il y a plusieurs conversations en même temps. Tous les sons lui parviennent en effet avec la même intensité, la même importance de valeur et la nécessité de faire le tri dans ces différentes informations est coûteuse en énergie. C’est pourtant cette même capacité qui va permettre à l’enfant de faire ses devoirs même si la TV est allumée, tout en suivant la conversation des adultes à côté.

Cette capacité est importante mais trop stimulée ou dans un contexte trop complexe ou intense, la capacité se transforme en handicap. Dès lors on comprend que cette combinaison d’hyperpeception sensorielle et de déficit de la capacité de classification entraîne un potentielle gêne considérable. La sophrologie devient un atout majeur. Entraîner sa capacité de concentration et de choix permet un mieux être très rapide. C’est notamment le cas pour les enfants qui peuvent grâce à l’entraînement sophrologique augmenter leur capacité de concentration en dépit des bruits environnants.

Notre corps a une mémoire.

Une mémoire biologique, tissulaire, qui cohabite avec notre mémoire consciente. Cette mémoire un peu « reptilienne », passe presque toujours en second plan sauf dans les moments les plus violents. Elle nous sert notamment, en cas de danger, à fuir ou à combattre. Pourtant cette mémoire est également remplie de souvenirs positifs : de sensations corporelles de plaisir, de bonheur, de bien-être. Nous pouvons les laisser remonter à notre conscience, volontairement ou inconsciemment. En entraînant notre capacité à reconnaître les sensations corporelles liées à nos émotions, nous entrainons notre capacité à profiter de tous les bons moments présents mais également à laisser remonter de manière inopinée ou fortuite, des sensations nées de souvenirs « oubliés » par notre conscience.

En sophrologie, nous apprenons à reconnaître ces capacités de notre corps et à nous en servir pour capter davantage les sensations de plaisir, de joie et de bonheur et réduire les perceptions de douleur ou de souffrance.

Corps et esprit : Une rencontre nécessaire.

Somatisations et pathologies.

Fabrice Bak, psychologue cognitiviste spécialiste de la douance, a écrit sur le rapport complexe que la personne à HP entretient avec son corps.* Rapport distancié ou morcelé, instrumentalisation et même négation de son corps. Ceci n’est pas l’apanage de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte doué bien entendu, mais comme tant de choses, cette perception tronquée l’est peut-être plus intensément encore chez ce public. Fabrice Bak parle notamment des troubles de la sexualité fréquents chez ce public.
On pourrait également, parler des somatisations et des pathologies récurrentes que l’on trouve chez ce public. Les maux de ventre et de tête de l’enfance s’installent et se transforment en troubles et douleurs diverses dont les plus fréquentes (et logiques) sont les ulcères, colopathies et migraines. N’étant pas médecin et n’ayant pas suffisamment enquêté sur ce sujet je me garderai bien de faire des raccourcis hasardeux et équivoques. Mais je constate néanmoins dans mes enquêtes ou lors des consultation à mon cabinet, que la population adulte des HP présente souvent des pathologies importantes dont certaines assez récurrentes. Ce n’est pas l’objet de cet article et je ne pousserai pas cet aspect plus avant.

Le principe d’action positive de la sophrologie caycédienne.

L’un des trois grands principes qui sous-tendent la sophrologie caycédienne est le principe d’action positive : toute action positive sur l’une des structures de la conscience se répercute positivement sur l’ensemble de ses structures.

Or, que nous rapportent les dernières recherches publiées dans le domaine des neurosciences ? Tous ces travaux ont mis à jour des découvertes fondamentales dans le rapport du corps et de l’esprit (Michel Le Van Quyen par exemple**). Ils permettent dès lors, de mettre en exergue, non pas seulement le pouvoir de l’esprit qui expliquerait certaines somatisations, mais également les liens indissociables qui existent entre le corps et l’esprit. Ces liens font que certaines pratiques de l’esprit ont une action réelle sur le corps et que « certains types d’entraînement mental ont un effet sur l’activité de régions cérébrales spécifiques, qui jouent un rôle clef dans notre santé et notre bien-être »**.

Les récentes expérimentations sur les mécanismes et les effets de la méditation ont clairement démontré l’action de l’esprit sur le corps. Notre cerveau influe sur notre bien-être corporel tout comme notre bien-être corporel peut influer sur notre programmation cérébrale. C’est notamment pour cette raison que, à la lumière des recherches de tous ces neurologues, neuroscientifiques, psychiatres etc sur les effets de l’entraînement mental sur la santé (dont les travaux menés par Christophe André sur la méditation de pleine conscience***), il nous faut prendre conscience de la puissance de l’outil sophrologique.

La pratique de la sophrologie est basée autant sur le corps que sur le mental. Elle permet d’entraîner ses capacités, de les développer. De reprogrammer des fonctionnements pathogènes, de stimuler les réflexes de bien-être et d’auto-guérison. Comment désormais, ne pas prendre en compte les conséquences « médicales » d’une hyper-efficience mentale, d’une hyperperception sensorielle et d’une hypersensibilité, surtout lorsque celles-ci sont cumulées ? Mais plus encore, comment ne pas considérer que la personne à HP, forte de ces capacités plus importantes encore que la moyenne, possèderait, grâce à l’entraînement sophrologique, un moyen d’influer véritablement et durablement sur son bien-être et sa santé ? Nous ne parlons pas ici de croyance ou de magie. Nous parlons de travail, de discipline, d’entraînement. Tout comme dans le cadre d’une activité physique, les progrès sont assujettis à la pratique régulière. Nous ne parlons surtout pas de substituer la sophrologie à la médecine. Nous parlons de renforcer des capacités, d’éviter l’installation de comportements et réflexes néfastes et d’accompagner le cas échéant des traitements allopathiques.

To be continued…

* Fabrice Bak  est psychologue cognitiviste. À lire : « La précocité dans tous ses états ».

** Michel Le Van Quyen est chercheur à l’INSERM. Il dirige un groupe de recherche à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière. Citation in : « Les pouvoirs de l’esprit ».

*** Christophe André est psychiatre et l’un des chefs de file des thérapies comportementales et cognitives en France. Il a été l’un des premiers à introduire l’usage de la méditation en psychothérapie. Nombreux ouvrages de référence.

Potentiels et Talents

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Je restitue ici la tribune d’Eric Solot, philosophe, parue dans la dernière newsletter de
la Fondation Potentiels et talents.
Outre sa qualité littéraire, ce texte est extrêmement intéressant, voire fondateur.

D’ordinaire, les deux mots peuvent être confondus et passer pour synonymes ou presque. Mais, joints l’un à l’autre et ainsi posés ensemble, ils obligent à être entendus distinctement. L’ambiguïté subsiste toutefois en ceci qu’ils ne s’opposent pas comme des contraires (blanc et noir, chaud et froid, ouvert et fermé, ou encore serviette et torchon). Ils se complètent l’un l’autre en s’éclairant mutuellement.

Compris l’un l’autre à l’écart l’un de l’autre et de façon courante, le potentiel et le talent sont tous les deux des capacités, des aptitudes, des forces ou des pouvoirs. D’une part, un potentiel est l’ensemble des ressources qu’un individu, un groupe ou un système possède en puissance, c’est-à-dire une capacité ou une aptitude à agir ou produire, sans pour autant agir ou produire en effet (effectivement). Je n’agis, ni ne produis pas encore, mais j’en ai la capacité, la puissance ou la force. D’autre part, un talent est la disposition, l’habileté, la capacité ou l’aptitude de quelqu’un à réussir une action ou une fabrication. La différence avec le potentiel n’est pas nette. D’où la possibilité de confondre potentiel et talent. L’équivoque disparaît si l’on se réfère à l’usage précis des deux mots. On parle d’un potentiel électrique, d’un potentiel militaire, d’un potentiel affectif, d’une chute de potentiel, de variation de potentiel, etc. On ne parlerait pas d’un talent électrique, d’un talent militaire, d’un talent affectif, d’une chute de talent, ni d’une variation de talent, à tout le moins dans le même sens. Sans doute peut-on entendre dire de quelqu’un qu’il a un talent militaire, mais « talent militaire » et « potentiel militaire » font deux. Lorsqu’on apprend que la Russie renforce son potentiel militaire, on ne se dit pas que son talent augmente, mais qu’elle se donne davantage de forces de frappe et de moyens de défense. Tout le monde sait donc très bien que le potentiel est une chose et le talent une autre, car que sont la force et les moyens dont on dispose si l’on ne sait pas en user ? Bref, « potentiel » et « talent » ne sont pas synonymes. Le potentiel est une force et le talent un savoir ; le savoir permettant de bien se servir de cette force. C’est pourquoi, comme nous disions plus haut, le potentiel est la capacité ou l’aptitude à agir ou produire, tandis que le talent est la capacité ou l’aptitude à réussir une action ou une production. Le potentiel ne suffit pas en lui-même pour réussir à chaque fois, il faut aussi le talent.

Potentiels et talents : la compréhension ordinaire empêchant d’être humain.

Quel est alors leur sens lorsque les deux mots sont rassemblés ? On pourrait dire, en conséquence de ce qui a été mis au point, que le potentiel serait le moyen de faire quelque chose, qu’il s’agisse d’action ou de fabrication, tandis que le talent serait la façon de le faire, la manière ou l’art de s’y prendre pour réussir. Cela serait ensuite facile de comprendre pourquoi la fondation porte le nom « Potentiels et talents ». Les potentiels seraient les diverses forces de chacun, les capacités, les aptitudes et donc les divers moyens, tandis que les talents seraient les diverses manières dont chacun se servirait de ses propres forces, capacités, aptitudes et donc moyens. Sur cette lancée, il serait logique de penser que la fondation « Potentiels et talents » a pour but de permettre à tous les potentiels, et particulièrement à ceux que l’on appelle les hauts potentiels, de mettre à profit, aussi bien pour eux-mêmes que pour la société, leurs précieuses ressources, en sachant les dominer, les contrôler, les maîtriser et ainsi s’en servir à volonté pour agir ou fabriquer. Les hauts potentiels seraient ainsi, au sens littéral, de bons filons à exploiter.

Cette interprétation n’a de légitimité que si, au préalable, les hommes et les femmes ont été ramenés au niveau des choses et compris à partir d’elles comme s’en distinguant toutefois spécifiquement en ceci qu’ils sont doués d’une faculté rationnelle faisant d’eux des personnes et non pas seulement des choses ou objets. Comme l’être humain se comprend lui-même ainsi depuis des siècles de philosophie et de sciences dites humaines, l’interprétation des potentiels et des talents vaut pour lui comme pour les choses, à quelques variations près. N’est-ce pas de là que vient cette surprenante appellation, qui ne surprend plus personne, de « ressources humaines » ? L’être humain est devenu une matière première primordiale. Il est même la matière première la plus importante de toute puisque, contrairement aux autres matières, premières ou non, il a l’aptitude d’en tirer profit de lui-même et par lui-même. Cette aptitude devenue talent comblerait toutes les espérances. Ainsi pourrait-on financer la fondation « Potentiels et talents » avec le plus grand intérêt – dans tous les sens du terme. Les potentiels, c’est-à-dire les forces ou moyens humains d’agir ou de fabriquer, grâce aux écoles soutenues par la fondation, ne seront plus perdus, ni gâchés ou gaspillés, mais soigneusement éduqués pour qu’ils puissent enfin par eux-mêmes talentueusement se récupérer pour agir ou fabriquer avec autant de facilité que de performance et d’efficacité.

Potentiels et talents : une compréhension renouvelée permettant d’être humain

Ceci étant dit, il convient de prêter l’oreille à une autre interprétation qui devient sans doute d’autant plus urgente que l’être humain est, par son propre fait, de plus en plus empêché de l’entendre et de l’écouter. Peut-être y parviendrons-nous en faisant jouer les sens des verbes « être » et « posséder ». Il ne s’agit là que d’un essai dont il ne faudra pas oublier l’insuffisance ou le pis-aller.

La fondation « Potentiels et talents » ne s’occupe pas des potentiels que tel ou tel haut potentiel possède en puissance, et qu’une formation adaptée permettrait de talentueusement porter au bénéfice de tous en plus du sien, mais des potentiels que tel ou tel haut potentiel est et qu’il a à être d’autant plus difficilement que rien n’est fait pour qu’il le soit. Dans cette perspective, le potentiel est l’être même de l’être humain, potentiel dont l’exploitation perd tout sens, puisque ce dont il s’agit n’est rien de plus, ni rien de moins (mais la tâche est de tous les instants), que d’être celui qu’il est, c’est-à-dire d’être à la mesure de l’être qui est le sien. Être le potentiel que nous sommes chacun différemment et l’être de mieux en mieux à chaque fois plus entièrement, voilà comment il convient de comprendre le talent.

Pour reprendre l’exemple de la première tribune, c’est-à-dire celui de l’arbre qui, aux yeux du menuisier, a en lui le potentiel qu’il faut pour devenir une table, une armoire, une chaise ou un buffet, eh bien, le potentiel que nous sommes – que nous sommes, non que nous possédons – nous ne le devenons pas par transformation, c’est-à-dire en changeant notre être, mais en le reconnaissant et en nous y ajustant à chaque instant, puisque ne cesse jamais le risque de nous perdre. L’arbre qui est un arbre n’a aucun risque de s’égarer, de se manquer, ni de se perdre. Il n’a pas à être l’arbre qu’il est. Par contre, l’être humain, lui, n’est le potentiel qu’il est qu’en travaillant à l’être. Et mieux il y travaille, mieux il l’est. En quoi consiste précisément le talent. Il ne s’agit pas de transformer le potentiel qu’il est en autre chose, comme le marbre en statue ou le pétrole en plastique, mais de l’être. Car être humain n’est pas un état, mais une responsabilité. L’arbre, qu’il soit arbre encore ou devenu table, et la table, qu’elle soit table basse ou table de cuisine, ne sont pas responsables de leur être. Cette responsabilité proprement humaine vient de ce que l’être humain n’est l’est jamais une bonne fois pour toute, comme au contraire l’arbre devenu table ou chaise. Être avocat, promoteur immobilier, ébéniste, dentiste, danseur, informaticien, cuisinier ou plombier zingueur n’a pas lieu une bonne fois pour toute. Il faut toujours travailler à l’être pour ne pas nous perdre au risque de ne plus être ceux que nous sommes. Le poète César Pavese parlait ainsi du « métier de vivre », le peintre Georges Braque disant quant à lui : « Nous n’aurons jamais de repos, le présent est perpétuel ».

Faisons toutefois attention : la responsabilité, ici, ne doit pas se comprendre comme celle dont on parle après avoir commis un acte dont il faut assumer les conséquences. Le potentiel que nous avons à être ne relève pas de l’action, ni de la fabrication, mais de l’être. Il ne s’agit donc pas tant d’assumer ce que l’on fait que celui que l’on est. Assumer son être et assumer les conséquences de ses actes diffèrent en ceci qu’on peut toujours nous accuser d’avoir commis ce que nous pouvions ne pas avoir commis. En revanche, il est inconcevable de nous accuser d’être humain, c’est-à-dire d’avoir à être le potentiel que nous sommes. Or, c’est précisément ce qui se passe avec les hauts potentiels. Sous prétexte d’être hauts (la même chose vaut pour ceux qui sont bas, quoique selon une autre mesure), ils subissent les quolibets, moqueries, railleries ou autres détestables fantaisies de leurs camarades ou collègues normaux – normaux en ceci seulement qu’ils appartiennent à cette moyenne dont la société se sert comme norme pour évaluer les potentiels. Ils sont accusés d’être hauts potentiels et de ne pas arriver à l’être avec autant d’aisance que les potentiels moyens. À moins qu’ils ne s’en accusent eux-mêmes. Mais rien n’est fait pour les y aider. Au contraire, estimant qu’ils ont plus que les autres, on estime aussi qu’ils devraient y arriver mieux que les autres. Mais le talent s’obtient plus facilement là où le potentiel est moindre. Non certes pas parce qu’il est moindre, sinon les bas potentiels y parviendraient encore mieux, mais parce qu’il prend place dans la moyenne sur laquelle tout est aligné. Comprendre l’égalité à partir de l’égalisation, c’est-à-dire de la standardisation ou de l’uniformisation qu’on l’appelle rationalisation, unification, inclusion ou comme on voudra, cause un mal incalculable lorsqu’elle est appliquée aux êtres humains. Au lieu d’adapter le cursus scolaire à l’intelligence des élèves par respect pour leur différence, celui-ci les contraint à s’aligner sur l’intelligence moyenne pour laquelle il a été établi. Nous reviendrons sur cette paradoxale aberration égalitaire dans une prochaine tribune.

Le rapport entre potentiels et talents tel qu’il apparaît dans le nom de la fondation ne s’entend donc pas à partir du verbe posséder et comme une propriété à exploiter, mais à partir du verbe être, et comme ce que l’on a à être sans en devenir propriétaire. C’est nous en effet qui devons nous approprier à l’être que nous sommes et non nous l’approprier pour le transformer en je ne sais quel être inhumain. Bref, le potentiel est cet être que nous avons à être, et le talent le savoir être ce potentiel par la reconnaissance duquel nous sommes bel et bien ceux que nous sommes.

Eric Solot

Le bonheur au travail est-il possible pour les adultes surdoués ?

Le bonheur au travail est-il possible pour les adultes doués ?

« Mon expérience est que le lent et patient travail de connaissance de soi, de ses différents traits, la compréhension profonde de qui l’on est et le passage de la gêne ou de la honte à la fierté et la tranquillité d’être dans sa différence enfin comprise et assumée, le travail régulier de contact et de fluidification des émotions, le déblocage des schémas familiaux inefficaces, le retraitement des traumatismes, l’habileté relationnelle construite au fil des lectures et des expériences, la prudence, l’observation et le souci du détail, le travail, le goût et la discipline de se reconnecter régulièrement et sans complaisance au principe de réalité et enfin, l’accompagnement d’autres être atypiques fondent la possibilité réelle et durable pour des êtres atypiques d’être régulièrement et profondément heureux au travail et dans leur vie. »

Thierry Brunel in Adultes sensibles et doués – Trouver sa place au travail.

Polémique sur le blog Maman travaille

Internet a cela de magique : découvrir sur la base d’un mauvais (et relativement consternant) article, une mine d’informations et de connaissances dans les commentaires polémiques associés à l’article.

Je découvre ce matin sur le blog Maman travaille, un papier qui relate l’exaspération de 2 enseignantes face à tous ces horribles parents qui supposent leur enfant surdoué (l’article c’est ICI).
Ils sont légion, et la faute en revient à tous ces affreux éditeurs qui publient tant de livres sur le sujet. Je cite : « les parents adorent. Vous pensez, des livres qui leur expliquent que leurs enfants sont « à part », « surdoués », « précoces », des « génies » ». En plus, « même l »Education nationale s’y met : en avril dernier, une circulaire demandait aux enseignants de porter « une attention particulière aux élèves intellectuellement précoces (EIP), pour qu’ils puissent également être scolarisés en milieu ordinaire ». Quelle horreur en effet si l’Education Nationale qui éduque nos enfants « s’y met » (depuis 2007 en réalité mais avec la lenteur qu’on lui connaît…).
Je passe donc sur le contenu médiocre de l’article qui continue de véhiculer des a priori et poncifs malodorants lorsqu’on connaît la réalité du terrain, pour me concentrer sur les commentaires qui suivent.

Je ferai seulement une parenthèse rapide afin d’éviter quelques malentendus :
1/ oui les enfants à Haut Potentiel sont nombreux, qu’ils aient un profil homogène (laminaire) ou hétérogène (complexe) : il y en aurait 1 ou 2 par classe, ni plus ni moins.
2/ oui on peut « pousser » un enfant mais cela n’augmentera jamais la mesure de son intelligence, seulement la somme de ses connaissance.
3/ oui les parents excessifs, revendicateurs, mal-aimables, obtus, acariâtres et agressifs voire stupides existent. (Remplacer le mot parents par professeurs, ça fonctionne également).
4/ non la souffrance des uns n’exclue pas celle des autres (là on peut faire tourner à toutes les places, les termes « enfants » « parents » et « enseignants »).
5/ non la question du haut potentiel n’est pas une mode même si en effet on en entend de plus en plus parler, c’est une réalité et même un « fait social total » au sens de Marcel Mauss, qu’on a simplement longtemps ignoré, se focalisant seulement les génies.
6/ non la mesure de l’intelligence n’est pas aléatoire à partir du moment où les tests sont correctement effectués par des praticiens compétents (et pas par des psychologues scolaires même si certains d’entre eux sont effectivement compétents). Les tests de QI sont étalonnés par tranche d’âge et donc aptes à effectuer une mesure en fonction de l’âge de la personne.

Revenons-en donc à l’article, ou plus précisément aux commentaires qui lui succèdent. La plupart sont extrêmement intéressants, quoi qu’ils disent et quelle que soit la position défendue. Des enseignants exaspérés par le cadre qui les contraint ou par des parents qui les jugent incompétents ce que, dans leur immense majorité, ils ne sont pas.
Des parents qui se sentent blessés par les propos de ceux qui croient que la douance de leur enfant est un effet de leur imagination et que leurs difficultés et souffrance au quotidien ne seraient donc qu’une vue de l’esprit. Des enseignants encore, révoltés contre leurs collègues formés à l’éducation de masse et fiers de continuer de la véhiculer, foulant aux pieds toutes les initiatives de ceux qui ont compris qu’on ne fait pas entrer de force un enfant rond dans un moule carré. En tout cas pas sans l’abîmer.

Et puis, petit miracle, une bouillant échange entre @guil et @vanilla.
Tous(tes) deux ne précisent pas qui ils(elles) sont ni surtout quel est leur métier (même si à la lecture de leurs posts on finit par s’en faire une idée). L’une fait preuve à mon avis d’une relative mauvaise foi et fausse modestie et l’autre est plus épidermique et militante (oui j’abandonne le masculin après tout on est sur un blog de mamans), mais toutes deux semblent avoir une fort bonne connaissance de leur sujet et défendent des positions antinomiques mais argumentées et érudites. Ça ferraille sec au sujet de l’existence attestée des profils laminaires et complexes, et, ça s’envoie du Revol, Lançon, Siaud-Facchin, Terman etc à la figure. Je regrette l’absence dans leur débat de Jacques Grégoire, professeur à l’Université de Louvain et grand spécialiste de la question de la mesure de l’intelligence. (C’est lui qui coordonne l’échantillonnage, l’étalonnage et l’adaptation des tests de QI pour les pays francophones et son avis serait ici plus que bienvenu).

Bref un débat de grande qualité pour une fois, fort étayé de part et d’autre et enrichissant car il permet précisément de montrer que nous sommes encore en plein « work in progress » sur cette question. Les ouvrages de vulgarisation sont ce qu’ils sont et oui, ils souvent écrits sur la base des observations cliniques de praticiens, qui voient davantage d’adultes et d’enfants en souffrance que de gens qui vont bien. Mais des études scientifiques existent également même si elles sont peu connues du grand public. Des ouvrages polémiques existent également, comme celui de Wilfrid Lignier (qui est à mon sens fort contestable du fait notamment de son faible échantillon) ou de Nicolas Gauvrit. Les voix pour et contre savent toutes deux se faire entendre, les commentaires de cet article en sont une autre preuve. Je voudrais seulement insister une fois encore que le fait que, dans tous ces débats, l’aspect anthropologique du sujet n’est jamais abordé et que citer d’excellentes études parues dans la revue Nature mais qui ont pour terrain une population anglo-saxonne, suédoise, israélienne ou autre, afin de conforter des prises de position françaises est abscons. Cela revient à faire de l’ethnocentrisme à l’envers. Je renvoie donc les lecteurs aux travaux de Tobie Nathan, psychiatre et anthropologue, « inventeur » de l’ethnopsychiatrie et qui a si bien écrit sur l’absurdité de transposer des théories des sciences humaines d’une population à une autre. Je renvoie également au travail de Geert Hofstede sur la différenciation culturelle, riche d’enseignement, que l’on se place dans le cadre de l’entreprise, de l’école ou de la famille. Bien sûr il est naturel de s’approprier et de critiquer (dans le sens noble du terme) les lectures que l’on peut faire.

Mais gardons à l’esprit, toujours, que l’universalité n’existe pas et que tout fait social est fortement inscrit dans son Histoire, dans sa Culture et dans son groupe humain.

 

 

 

Etre surdoué en France. Le poids du contexte culturel.

Et si être surdoué en France était particulièrement difficile, du fait du poids du contexte culturel?

Je voudrais revenir aujourd’hui sur les travaux de Geert Hofstede (psychologue social et professeur d’anthropologie) sur les dimensions culturelles. Ces travaux, commencés en 1967 se poursuivent toujours au sein du Hofstede Centre à Helsinki. Ceux-ci me sont d’une grande utilité lorsque j’anime des formations en entreprise sur l’interculturalité. Mais avant de se synthétiser ces travaux, quelques explications :

Tout le monde sait, de manière implicite, que des différences culturelles existent d’un pays à l’autre. Elles sont même, souvent, l’une des premières raisons au voyage. Mais « ailleurs » est aussi et toutjours « l’ici » d’un l’Autre – et réciproquement, ne l’oublions pas. Ou, comme se plaisait à nous le rappeler mon directeur de recherches à la fac : « nous sommes tous le sauvage d’un autre ». Cette réalité évidente devrait se rappeler à nous lorsque nous nous basons sur des études réalisées à l’étranger pour analyser des éléments de notre propre société. L’étude de la question du Haut Potentiel n’y fait pas exception. Il est fort tentant, vu le faible nombre d’études réalisées en France, d’aller chercher « ailleurs » des éléments de nature à étayer des hypothèses de travail hexagonales. L’anthropologue tapie en moi frémit à chaque fois. Comment est-il possible de faire fi des spécificités socio-culturelles du pays dans lequel sont réalisées ces différentes études ? Même Nicolas Gauvrit (in Les surdoués ordinaires) le reconnaît dans son article sur l’anxiété : « Il est bien sûr possible que l’anxiété des surdoués soit sous la dépendance d’effets culturels : aux Etats-Unis et en Israël, où une majorité de ces travaux ont été menés, les surdoués sont sans doute mieux perçus qu’en France, où on les considère parfois avec un certain mépris comme des enfants gâtés ». Notons l’usage du terme « possible »…

Monique de Kermadec ne s’y est elle pas trompée puisqu’elle introduit cette notion à plusieurs reprises dans l’excellent ouvrage (non scientifique certes) L’adulte surdoué – page 90 elle cite même le nom de Hofstede (ainsi que les travaux du sociologue français Michel Crozier). Mais elle est le seul auteur, parmi l’ensemble des travaux de « vulgarisation » paru ces dernières années, à tenir compte de ce paradigme.

Cette question des fondements culturels des sociétés et de leur impact sur le regard que porte une société sur les personnes à haut Potentiel devrait être à la base de toutes les réflexions sur ce sujet. Comment théoriser « universellement » sur cette question ? L’universalité en sciences humaines n’existe pas. Nous sommes tous immergés dans un contexte qui nous définit fondamentalement. Nous sommes en quelque sorte les « produits » de cette culture et les chercheurs eux-mêmes n’échappent pas à cette réalité, même si les laboratoires tentent (parfois) de réduire l’incidence de ce biais. Toute étude effectuée dans un pays ne vaut que  par et dans le contexte dans lequel elle a été produite et doit, à ce titre, être prise avec la plus grande prudence lorsqu’elle est « exportée » dans un autre pays.

Venons-en donc aux travaux de Geert Hofstede sur les dimensions culturelles. Selon Hofstede, la culture est une « programmation mentale » qui distingue les membres d’une culture par rapport à l’autre. Chaque culture fonctionne selon son propre système de valeurs et ses membres se comportent selon les règles qui sont appropriées dans une situation donnée. Son approche de la culture est basée sur la définition donnée par l’anthropologue américain Kluckhohn « la culture est la manière de penser, de sentir et de réagir d’un groupe humain, surtout acquise et transmise par des symboles, et qui représente son identité spécifique : elle inclut les objets concrets produits par le groupe. Le cœur de la culture est constitué d’idées traditionnelles et des valeurs qui lui sont attachées. »

Hofstede a mis en exergue 4, puis 5 et aujourd’hui 6 dimensions permettant de caractériser une société, un peu comme on étudie le profil psychologique d’une personne. Ces dimensions s’appuient sur la prééminence des valeurs collectives d’un groupe social. Chaque culture fonctionne selon son propre système de valeurs et ses membres se comportent dans une situation donnée, selon des règles implicites qui sont intériorisées.

A ce stade il est nécessaire d’anticiper d’éventuelles remarques en précisant que ces travaux ne permettent absolument pas de conclure à un déterminisme social à la Durkheim mais ressemblent davantage à la théorie de l’Habitus selon Bourdieu. Hofstede souligne que les dimensions culturelles sont uniquement une structure permettant d’évaluer globalement une culture donnée. Cela ne supprime nullement les autres facteurs comme la personnalité, l’histoire familiale et les valeurs de chaque individu.

C’est donc le degré de valeur accordée par le groupe, qui est évalué selon un barème de 1 à 120, pour chacune des dimensions.

Les six dimensions sont :

La distance hiérarchique : selon Hofstede, « la distance par rapport au pouvoir consiste en l’acceptation et l’attente, par les membres des organisations et des institutions ayant le moins de pouvoir, de ce que le pouvoir soit distribué de manière inégale. » Cette dimension mesure donc le rapport des individus à la hiérarchie et le degré d’inégalité attendu et accepté par les individus. Un score faible indique qu’une culture attend et accepte que les relations de pouvoir soient démocratiques et que ses membres soient perçus comme égaux. Un score élevé signifie au contraire que la société attend et accepte l’existence d’une forme hiérarchique importante.

Parmi les pays à distance hiérarchique élevée, nous trouvons les pays latins européens (France, Belgique, Italie, Espagne), les pays d’Amérique du Sud, les pays arabes et les pays d’Afrique noire.
Parmi les pays à distance hiérarchique faible, nous avons les pays germaniques, scandinaves et anglo-saxons.

Le contrôle de l’incertitude : il s’agit de « la tolérance d’une société pour l’incertitude et l’ambiguïté. » Cette dimension mesure la façon dont une société aborde le risque ou l’évite ainsi que l’anxiété face au changement. Les moyens utilisés par les sociétés pour limiter l’incertitude et les risques sont : la technologie, la loi et la religion.
Les cultures qui ont un indice élevé de contrôle de l’incertitude, sont peu tolérantes face au changement et ont tendance à réduire l’anxiété de l’inconnu en mettant en place des règles rigides, des règlements et/ou des lois. Les sociétés à faible indice de contrôle de l’incertitude sont plus ouvertes au changement, disposent de moins de règles et de lois, et leurs directives sont plus souples.

Parmi les pays avec un contrôle élevé de l’incertitude : La Russie, le Japon, le Pérou, La France, l’Espagne et le Chili.
Parmi les pays avec un contrôle faible de l’incertitude : les pays scandinaves, la Chine, les pays anglo-saxons, le Liban, le Sud-Est asiatique et les pays en voie de développement, comme l’Inde et les pays africains.

Individualisme ou collectivisme : mesure le « degré auquel les individus sont intégrés aux groupes. » Cette dimension (qui n’a aucune connotation politique) fait référence au degré d’indépendance et de liberté que peuvent revendiquer les membres d’une société.
Les cultures individualistes donnent de l’importance à la réalisation des objectifs personnels. Dans les société collectivistes, les objectifs du groupe et son bien-être ont plus de valeur que ceux de l’individu.

Les pays les plus individualistes sont les Etats-Unis, l’Australie, les Pays-Bas, et le Canada. La France, comme tous les autres pays européens, se classe du côté individualiste. Les pays arabes et tous les pays en voie de développement se retrouvent du côté des cultures communautaires.

L’indice de masculinité (et de féminité) : Cette dimension définit le niveau d’importance qu’une culture accorde aux valeurs de réussite et de possession (valeurs masculines) et à l’environnement social ou à l’entraide (valeurs féminines).
Les cultures dont le score est élevé sur l’échelle de la masculinité présentent généralement des différences plus évidentes entre les genres et ont tendance à être plus compétitives et ambitieuses. Celles dont le score est bas présentent moins de différences entre les genres et accordent plus de valeur à la construction des relations.

Les pays où l’indice de masculinité est le plus élevé sont le Japon, l’Allemagne, l’Italie et le Mexique.
Parmi les pays à culture féminine : Le score le plus élevé est celui des pays scandinaves et des Pays-Bas, puis le Chili.
En-dessous de la moyenne on trouve la Russie, le Pérou, la France et le Burkina-Faso.
Les pays anglo-saxons se situent au-dessus de la moyenne.

L’orientation à long terme contre orientation à court terme : Cette dimension décrit l’horizon temporel d’une société. Les cultures orientées court terme donnent de la valeur aux méthodes traditionnelles et au respect des engagements sociaux. Le temps est perçu comme circulaire. Cela signifie que passé et présent sont interconnectés et que ce qui ne peut être fait aujourd’hui peut l’être demain. L’opposé est l’orientation à long terme, qui perçoit le temps comme linéaire et regarde le futur plutôt que le présent ou le passé. Les valeurs sont patience et persévérance. Une telle société vise des objectifs et donne de la valeur aux récompenses.

Les pays dont l’orientation à long terme est la plus faible : Philippines, Maroc, Suède, Canada, USA, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie. France et Pays-Bas sont dans une moyenne.
Les pays dont l’orientation à long terme est la plus forte : Chine (de très loin), Hong-Kong, Russie, Taïwan, Japon, Corée du Sud.

Indulgence versus retenue (ou plaisir contre modération) : Cette dimension mesure la capacité d’une culture à satisfaire les besoins immédiats et les désirs personnels de ses membres. Les cultures donnant de la valeur à la modération disposent de règles et normes sociales strictes. Plus la mesure de cet indice est importante, plus l’optimisme est grand, la liberté d’expression garantie, la discipline morale faible. Plus cet indice est faible (la retenue ou modération prime) plus la discipline morale est importante, la liberté d’expression maîtrisée, le pessimisme important.

Pays à fort indice d’indulgence : Mexique, Colombie, Congo, Suède.
Pays à faible indice d’indulgence: Russie, Chine, Maroc, Corée du sud.
Canada, USA et Pays-Bas se situent davantage dans l’indulgence.
France, Japon et Allemagne sont en dessous de la moyenne.

Si l’on se base sur les six dimensions de Hofstede (voir graphique ci-dessous), on se rend compte qu’en France, notre rapport à la hiérarchie, notre très faible niveau de tolérance à l’incertitude, notre indice de masculinité moyen et notre rapport au temps et notre faible degré d’indulgence ne nous placent pas parmi les pays les plus novateurs sur ces questions. Chez nous la prise de risque n’est pas valorisée, le long terme qui nous fait nous tourner vers le passé, le poids des règles, de la norme et de la hiérarchie est prépondérant. La France n’est pas un pays très novateur sur les questions sociétales. A plus d’un titre nous sommes même en retard sur de nombreux points. Tout cela conduit à une forte culture de la norme voir de la « normatisation ».

Aussi, comment exister sereinement et s’épanouir en tant que personne différente ou atypique dans ce contexte ? Comment ne pas prendre en compte comme un paramètre prépondérant, le fait qu’en France, il n’est généralement pas acceptable de ne pas penser ou fonctionner comme tout le monde ? Comment ne pas considérer que la Loi au sens psychanalytique utilisé par Tinocco pèse frorcément sur le développement de l’enfant précoce ?

Jusqu’à ce terme de « intellectuellement précoce » choisi par L’Éducation Nationale. N’en dit-il pas long sur le politiquement correct qui prédomine et la volonté de lisser la différence (« s’il est précoce aujourd’hui ça lui passera demain ») et surtout de ne pas la valoriser en n’utilisant pas le terme de « Haut Potentiel » ou « surdoué » qui pourraient casser l’idée prévalent de la norme et induire une quelconque supériorité potentielle ?

Dans notre pays la différence et acceptée si :

  • elle est légitimée par un processus élitiste communément admis (voir dimension hiérarchique) comme les grandes-écoles dont l’absence même de modestie du terme amuse nos voisins anglo-saxons.
  • Elle ne met pas en péril les croyances et/certitudes (voir dimension Incertitude). Ainsi un précoce est forcément issu d’une famille aisée qui l’a stimulé.
  • Et, la différence est tolérable si l’on est « moins » quelque chose que son voisin : la discrimination positive est acceptée et valorisée.

Je formule l’hypothèse (que je souhaiterais creuser), qu’être surdoué en France n’est pas perçu de façon positive et que cela joue fortement dans la prise en compte de cette question par notre société, à l’inverse de ce qui existe dans d’autres pays.
De cela découlerait notamment le retard de l’Éducation Nationale qui cumule à la fois le fait d’être le mammouth institutionnel que l’on connaît qui reproduit à l’infini et durant des ères interminables des modèles qui ne sont plus opérants, et le siège de l’égalité à la française qui s’appuie en fait sur une conception égalitariste qui n’a rien à voir avec l’égalité.

A suivre…

Dimensions Hofstede

Source : http://geert-hofstede.com

Anthropologia a les honneurs de Sud Ouest

L’étude anthropologique et le cabinet Anthropologia à l’honneur dans Sud Ouest.

Un potentiel difficile à valoriser.
Les enfants intellectuellement précoces sont mal connus. Enquête d’une anthropologue.
Par Jean-Louis Hugon – Sud Ouest du 22/01/2015

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Extrait :
Olivia Gémain s’est intéressé de prés à cette question en allant voir 38 parents d’enfants landais confontés à ce porblème. Un travail réalisé entre novembre 2013 et mai 2014 de façon entièrement bénévole, dont elle a tiré un rapport.

Sud Ouest : Quelle a été votre démarche pour lancer cette enquête ?
Quand on cherche les réponses à ces questions, on ne les trouve que dans les livres, sur internet, dans des conférences ou auprès des associations. Mais la plupart du temps les parents sont livrés à eux-mêmes pour comprendre pourquoi leur enfant est différent des autres. C’est pour cela que je souhaitais voir els acteurs locaux, afin de collecter des informations et de connaître la situation réelle dans les Landes. Je suis allée rencontrer 38 familles (et aussi des professionnels de la santé et de l’éducation, des bénévoles d’associations), pour comprendre comment elle s’en sortent. Il fallait mettre des mots sur des maux.

Comment fonctionnent ces enfants que l’on appelle parfois des petits-génies ou des surdoués?
Il faut tout de suite oublier ces mots car ils reposent des a priori. Je préfère parler d’enfant à Haut Potentiel Intellectuel et Emotionnel (on parle de douance au Canada). Ce sont des êtres ayant un mode atypique de fonctionnement intellectuel, une structure de la pensée différente. Ils peuvent réfléchir plus rapidement, ont une pensée qui fonctionne en arborescence, leur permettant une éclosion d’idées en permanence.

L’intégralité de l’article ICI ou pdf sur demande.

Enfants Précoces Assistance

Enfants Précoces Assistance : association d’accompagnement des familles d’enfants précoces, surdoués ou à Haut Potentiel.

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Enfants Précoces Assistance est une association située dans les Landes. Fondée par des professionnels (Enseignant, Psychologue, Anthropologue, médecin…) elle organise des cafés-parents, des ateliers pour les enfants et les ados, des conférences etc.
Enfants Précoces Assistance accompagne également les parents dans les difficultés éventuelles rencontrées à l’école.
Visitez la page FB de l’Association.

 

La Sophrologie, un outil précieux pour les HP

La sophrologie, un accompagnement particulièrement adapté aux enfants et adultes à HP.

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Qu’est-ce que la Sophrologie ?
Contrairement aux idées qui circulent, notamment du fait de nombreux sophrologues (mal, non ou auto-formés), la sophrologie n’est pas une méthode de relaxation. Elle n’est pas non plus une thérapie.
La sophrologie est un ensemble de techniques visant au renforcement des potentiels que nous portons tous en nous et aux valeurs qui sous-tendent notre existence.
La sophrologie pratiquée par un bon sophrologue permet au bout de quelques séances de travailler seul. Elle est certes un soutien immédiat mais sa vraie force est de vous permettre de mettre en pratique seul les « outils » que vous aurez acquis et de les réactiver dans les situations où vous en avez besoin.

Pourquoi la sophrologie peut-elle être une aide pour les personnes à HP?
Parce-que la sophrologie est basée sur la corporalité et que les enfants et adultes à Haut Potentiel Intellectuel et Emotionnel ont souvent un rapport compliqué, difficile ou fragmenté à leur corps. La sur-activité cérébrale qui les caractérise entraîne une dissociation de corps et du mental. Revenir à son corps, remettre en adéquation son corps et son esprit permet de soulager des maux, de mieux gérer son stress, de revenir à une meilleure concentration.

La sophrologie caycédienne.
Caycédo est le fondateur de la sophrologie. Il existe aujourd’hui diverses écoles de pensée, pour la plupart issues de l’école d’origine. Pensez à vérifier quelle est la formation du sophrologue que vous consulterez. La formation d’origine se déroule sur 3 à 4 ans. Elle est la seule à délivrer le titre de « Master of Sophrologie » mais un titre intermédiaire de « Sophrologue de formation caycédienne » acquis au bout de 2 ans est dispensé par l’Ecole et permet d’exercer. Malheureusement de nombreux sophrologues exercent à partir de stages rapides ou accélérés. Pour obtenir un effet de relaxation chez le consultant cela peut suffire pour exercer sérieusement en tant sophrologue non. Attentions aux dérives, Soyez vigilant.
ICI le site de la fondation CAYCEDO. Vous trouverez une liste de praticiens référencés dans l’annuaire même s’ils ne le sont pas tous. Vous pouvez également nous écrire pour que l’on vous transmettre les coordonnées d’un sophrologue caycédien près de chez vous. Voire également le site de Christelle Robert à Nantes, sophrologue caycédienne spécialisée dans l’accompagnement des enfants précoces, surdoués ou à Haut Potentiel.

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