« Enfants de manipulateurs : comment les protéger ? »
À l’heure où le débat sur l’existence clinique de la #perversionnarcissique fait rage je vous présente cet ouvrage de Christel Petitcollin. L’autrice, connue pour ses livres sur le HPI dont le fameux « Je pense trop », est également prolifique sur les questions de toxicité et de manipulation. Comme toujours, c’est de l’extrême vulgarisation et l’autrice n’est pas psychologue. Mais ce livre glace et émeut tout à la fois. En tout cas il accomplit sa mission principale : nous informer et aiguiser notre devoir de vigilance.
Je vous livre ici des extraits non modifiés et dans l’ordre. Bonne lecture !
Extraits choisis, du livre de Christel Petitcollin – Guy Tredaniel Editeur – 2015 – Blog Anthropologia
Pour commencer, il nous faut faire pleinement connaissance avec les tristes sires que sont les manipulateurs. Ils existent depuis la nuit des temps. Leur but reste le même à travers les siècles : satisfaire leurs priorités à nos dépends, se nourrir de notre énergie vitale et faire porter à autrui leur frustration chronique. Leur technique, simple et sophistiquée à la fois, est toujours d’une redoutable efficacité. Le manipulateur est avant tout une personne qui a deux visages : un très sympathique pour l’extérieur et un autre, maussade et cruel, que seule sa victime connaît. Il plaît beaucoup aux gens qui ne le connaissent que très peu.
Le manipulateur est une personne fourbe et malveillante, mais au-dessus de tous soupçons, si l’on n’a pas la bonne grille de décodage de ses comportements. Tant qu’il n’est pas repéré et cadré, le manipulateur jouit d’une impunité effroyable, qui alimente et encourage sa folie de toute-puissance. Plus il passe entre les mailles du filet social et juridique, plus il s’enivre de son pouvoir et plus il devient déviant. Lorsqu’il s’agit d’un parent divorcé, c’est sur ses enfants qu’il exerce sa domination sadique, loin de tous les regards, mais souvent avec la jouissance aiguë de savoir que l’autre parent sait ce qu’il se passe, qu’il en souffre terriblement, mais qu’il ne peut rien dénoncer parce que personne ne le croira et ses enfants non plus.
Les manipulateurs utilisent quatre ficelles : la séduction, la victimisation, l’intimidation et la culpabilisation.
La séduction est leur première arme. Ils savent être particulièrement charmants et flatteurs jusqu’à ce que vous soyez tombé sous leur emprise.
Ensuite, les manipulateurs sont des professionnels de la victimisation. Ils savent brailler, sangloter sur commande, hurler leur souffrance à tous les échos ou coiffer la coquille de Calimero. On les croit fragiles et vulnérables, alors qu’ils sont indestructibles et qu’ils retombent toujours sur leurs pattes, mais ils savent obtenir la pitié de l’entourage au point qu’on en oublie qui sont les vraies victimes.
Car les trois clés de la manipulation sont : le doute, la peur et la culpabilité. »
L’abuseur se grise de sa toute-puissance, s’enivre de sa propre haine, devient un véritable drogué à ses propres abus. Sa victime est sa « came ». La famille, elle, est habituée au « caractère difficile » du manipulateur et s’est résignée à subir ses caprices, sa cupidité, son égoïsme et ses sautes d’humeur. Chacun se rend bien compte que c’est un faiseur d’histoires, mais personne ne réalise qu’il crée délibérément les conflits parce qu’il raffole des embrouilles.
La relation du manipulateur avec sa mère
C’est une relation d’amour apparent et de haine larvée, de soumission affichée et rébellion vicieuse. Le parent du manipulateur est en général lui-même pervers.
Le manipulateur parent
Je n’ai pas de témoignages concernant les grossesses des mères manipulatrices. Je devine qu’elles doivent être extrêmement tyranniques, capricieuses et acariâtres, mais comme les conjoints des manipulatrices sont des hommes bienveillants et protecteurs, ils ont dû se laisser tyranniser joyeusement, en mettant ces troubles de l’humeur sur le compte des bouleversements hormonaux et en planant, dans leur euphorie d’être bientôt papa. Les femmes manipulatrices ne supporteront pas le spectacle d’une paternité saine. Ce père joyeux, tendre et protecteur, sans arrière-pensée malsaine sur ses enfants, ne peut juste pas exister !
Les manipulateurs sont des personnes immatures, restées figées au stade de la toute-puissance infantile et de la pensée magique. Cela explique leurs mensonges incessants, leur inébranlable déni de la réalité, donc leur hallucinante mauvaise foi.
Cette toute-puissance infantile a été confortée et alimentée chez eux depuis l’enfance par la permissivité de leur parent pervers et plus tard, par la bêtise des autres adultes, si faciles à duper et à rouler dans la farine. Les rares adultes lucides et potentiellement cadrants n’ont en général pas pu faire grand-chose devant la démission générale. Les manipulateurs gardent donc toute leur vie une incroyable impunité, se tireront facilement de toute situation délicate et retomberont toujours sur leurs pattes. Et les rares adultes lucides et potentiellement cadrants n’ont en général pas pu faire grand-chose devant la démission générale.
Lorsqu’on a bien compris qu’un manipulateur est un vieil enfant camouflé en adulte, on peut en déduire que ses rapports avec les adultes sont des rapports de crainte et de séduction.
Sa peur d’être démasqué le fait vivre dans un hyper-contrôle permanent. Tout en soignant son image irréprochable, le manipulateur effectue une collecte d’informations, teste son entourage et le trie par catégories : inutile, utile ou utilisable (dont un pourvoyeur de soins), important et dangereux.
Les ficelles de la manipulation : séduction, pitié, intimidation, culpabilisation, fonctionnent facilement avec la majorité des gens. Les manipulateurs embrouillent l’esprit des gens, les utilisent sans vergogne et se font prendre en charge dans tous les domaines. Il y aura toujours quelqu’un pour leur garder les enfants, réparer leur douche gratuitement et faire leurs corvées à leur place.
Bien qu’étant incroyablement mal élevé au naturel (ce qui lui permet d’être très culotté), dès qu’il le faut, il sait avoir une maîtrise parfaite des codes sociaux. Jouer hypocritement la comédie humaine pour duper les imbéciles lui procure un immense plaisir.
Pour un manipulateur, on est dangereux dès qu’on n’est pas dans leur poche. Les manipulateurs redoutent les gens clairvoyants qui savent voir derrière leur masque, ceux dont ils ne trouvent pas la faille pour les manipuler à loisir, ceux qui sont naturellement structurés et cadrants et ceux qui ne prennent pas inconditionnellement leur parti.
Gare aux amis de la victime, aux gens qui lui fourniraient de l’aide ou des attestations, gare à ceux qui veulent « le bien des enfants » en général et surtout le bien des leurs en particulier (pour ce qui est de « l’intérêt supérieur de l’enfant », aucun souci, les manipulateurs se sont complètement réapproprié le concept et le brandissent efficacement dans les prétoires !). Il faut détruire à tout prix ces gens dangereux. Pour cela, tous les moyens seront bons : les discréditer, les calomnier, les harceler, les menacer, les attaquer, les éloigner et surtout leur faire lâcher la cause de leur victime…
Comme toujours, il y aura d’un côté ceux qui ont eu droit au masque sympathique, à la séduction du manipulateur et qui le trouveront donc insoupçonnable, et de l’autre, ceux qui auront vécu l’entreprise de destruction et qui connaîtront de ce fait le vrai visage, inimaginable pour les premiers.
Il faut savoir qu’un manipulateur est un prédateur, donc un chasseur solitaire. Il est rare qu’il ait de véritables amis, ou alors ce sont des gens incroyablement braves ! Tout au plus, un manipulateur a-t-il des relations superficielles de copinage intéressé, qui finissent toujours en disputes. C’est un faiseur d’histoires, qui a des embrouilles avec tout le monde, parce qu’il est toujours dans le rapport de force et qu’il se nourrit des conflits qu’il crée. Comme il est incapable de s’entendre longtemps avec les mêmes personnes et que les gens finissent par comprendre qui il est, il est obligé soit de s’isoler, soit de changer fréquemment de cercle relationnel.
Jusqu’à présent, j’ai peu abordé leur rapport à la propreté. Pourtant, il est fréquent que les manipulateurs n’aient pas non plus acquis les notions élémentaires d’ordre, d’hygiène, de propreté.
Si personne ne passe derrière un manipulateur pour ranger et nettoyer, son intérieur se transforme vite en taudis. Il y a un plaisir cochon et régressif à être sale, à vivre dans une soue et à manger de la junk food, qui dépasse l’entendement des gens éduqués.
Par ailleurs, les manipulateurs n’ont pas non plus appris le respect de l’autre, la politesse et n’ont aucune éducation. Ils disent à peine bonjour et au revoir, jamais merci ni s’il vous plaît, encore moins pardon ou excusez-moi et ne s’inquiètent jamais de savoir s’ils vous dérangent. Bien au contraire, ils attendent de vous que vous soyez toujours disponible, que vous répondiez instantanément et positivement à toutes leurs demandes. Enfin, réfléchir les fatigue. Ils ont des idées toutes faites sur tous les sujets et assènent leur avis de façon péremptoire.
Il reste à aborder leur rapport à l’argent qui est tout aussi pathologique que le reste.
Ils sont cupides, avares, malhonnêtes et intéressés. Ce sont des escrocs. »
La chosification des vivants
Pas de lois, pas de règles, aucun instinct de protection, une hygiène approximative, une impolitesse revendiquée, une cupidité obscène et des valeurs infectes. Voilà ce que les manipulateurs ont à offrir à leurs enfants.
L’esprit des manipulateurs s’est fossilisé dans une illusion de toute-puissance infantile. De ce fait, ils vivent dans un monde sans vie, entourés d’objets. Cette chosification des êtres qui les entourent explique leur invraisemblable cruauté.
En langage psy, on dit que les pervers sont « sans affect ». C’est-à-dire qu’ils ne ressentent pas les sentiments humains ordinaires : amour, tendresse, admiration, pitié ou compassion et encore moins empathie. Même la joie de vivre leur est inaccessible. Ils ne disposent que de trois émotions : une joie mauvaise quand la réalité alimente leur toute-puissance, la rage quand la réalité vient au contraire contrarier cette toute-puissance, et de l’auto-apitoiement quand ils risquent de devoir répondre de leurs actes.
Les manipulateurs ne supportent pas la joie de leurs enfants. Il faut détruire ce qui les rend heureux. Au moindre prétexte, les jouets préférés sont confisqués, les activités favorites interrompues, les enfants frustrés, bridés et punis.
Ayant une véritable haine de l’amour, en cas de divorce, les manipulateurs cherchent à détruire l’amour que leur enfant porte à l’autre parent. Le message est implicite, mais sans équivoque : « Si tu veux être aimé de moi, tu dois détester ton autre parent. » Ce chantage est une imposture car l’enfant ne recevra jamais d’amour de ce parent « sans affect ».
Les relations du parent manipulateur avec ses enfants
Dès que le manipulateur est seul avec ses enfants, il se passe déjà des choses graves. Si les adultes savaient tout ce que les enfants de manipulateur taisent, ils ne pourraient y croire.
Une jeune femme m’a relaté des scènes d’enfance où sa mère les coursait, elle et son petit frère, avec un couteau de cuisine en hurlant : « Je vais vous faire la peau. » Leur père ne voyait rien en rentrant du travail et les enfants se taisaient. Qui les aurait crus ?
Julien, 12 ans, m’a raconté que son père s’était mis à genoux sur sa cage thoracique jusqu’à le suffoquer.
Le parent sain essaie de son mieux de valoriser et d’investir l’autre parent dans l’éducation des enfants. Mais en vain. Un parent manipulateur ne prend pas sa place et ne joue pas son rôle.
Dès que l’enfant exprime des besoins, les choses se gâtent, la toute-puissance infantile du parent manipulateur étant mise à mal par les exigences du rôle de parent. « Ta gueule, pédé ! » a hurlé un père à son fils de 8 mois qui pleurait.
Incapables de gérer la frustration, les parents manipulateurs deviennent irascibles et brutaux et se livrent à du chantage affectif intensif, jouant sur la dépendance de l’enfant. Les cris commencent, les claques pleuvent, les simulacres d’abandon aussi.
L’enfant, de plus en plus insécurisé, devient collant avec ce parent, apprend à deviner ses attentes et s’adapte du mieux qu’il peut. Souvent, il apprend avant tout à se faire discret et à nier ses besoins.
Il doit aussi faire plaisir à son parent. Or, le parent manipulateur encourage les déviances. Il est ravi d’apprendre des gros mots à son enfant, de l’inciter à mettre la pagaille et de l’utiliser pour faire enrager le monde. Ainsi, l’enfant peut par exemple être dressé à être insupportable en public, pour amuser son parent.
Lorsque l’enfant a fini sa période de dressage, il devient un vassal soumis et admiratif de son parent manipulateur.
Mais l’enfant est naturellement joyeux, enthousiaste et aimant. Cela pose un vrai problème au parent manipulateur.
L’enfant apprend à ses dépens que le positif se paye. Et la pitié va toujours au manipulateur, jamais à ses enfants.
La parentification des enfants
Malgré cette tentative désespérée pour écraser sa progéniture et la transformer en bonzaï, le manipulateur se fait inexorablement dépasser. L’enfant continue à grandir.
L’enfant capte instinctivement l’immaturité de son parent et prend l’habitude de le protéger et de s’en occuper. Les enfants aiment naturellement leurs parents. Ils n’ont pas le recul nécessaire pour critiquer et remettre en cause l’éducation qu’ils reçoivent.
Mais les enfants s’adaptent à leurs parents, même quand ils sont dysfonctionnants. L’enfant parentifié aime son parent déviant, il le plaint, il le craint, il le défend et il ne lui vient pas à l’idée que les choses pourraient, et même devraient, être différentes.
Les manipulateurs prennent leurs enfants pour des confidents, voire pour des psys et leurs racontent tous leurs « malheurs », c’est-à-dire leurs mesquineries, leurs frustrations et leurs projections paranoïaques. Ils se plaignent en continu, épanchent toutes leurs rancœurs, accusent l’entourage, et surtout l’autre parent, d’être la source de leurs contrariétés. Ils mêlent leurs enfants à leurs conflits minables et les instrumentalisent pour atteindre leurs ennemis
Évidemment, les détails sexuels ne sont pas épargnés aux enfants parentifiés, qui se retrouvent ainsi sexuellement abusés par des confidences inadéquates.
Les enfants parentifiés ont été surentraînés à s’oublier, à vivre dans l’abnégation au service des autres (et surtout des personnes déviantes !) et à jouer au triangle dramatique de Karpman.4 Dans ce triangle, il y a trois rôles : la victime, le bourreau et le sauveur. Le rôle de victime est monopolisé par le parent manipulateur, celui de bourreau est culpabilisant, il ne reste à l’enfant que la position de sauveur pour se sentir exister et nourrir son besoin de reconnaissance. C’est pourquoi avoir été parentifié dans l’enfance amène tout droit aux métiers de thérapeutes et de travailleurs sociaux. Jacques Salomé appelle d’ailleurs les « soignants », des « soi-niant ».
Je suis une des rares auteurs qui ose affirmer de façon catégorique que les manipulateurs sont cyniques, pleinement conscients de leurs actes et j’en donne de nombreuses preuves dans mes livres. Je maintiens également qu’ils sont insoignables. D’abord, parce qu’ils ne sont pas demandeurs de changement. Les manipulateurs sont très fiers et très contents de ce qu’ils sont. Tout le monde est bête sauf eux, qui ont tout compris de la vie ! Ensuite, parce qu’ils ont un système de pensée verrouillé face à l’autocritique : eux sont parfaits et tout est toujours de la faute des autres.
Après la séparation, le manipulateur poursuivra son ex de sa haine froide tant qu’il le pourra, pendant des années, avec l’objectif de la torturer et de la détruire. »
La sexualité des manipulateurs
Il s’agit bien évidemment d’une sexualité immature et malsaine.
Ils utilisent la sexualité pour dominer, avilir leur partenaire ou le rendre addict à des pratiques déviantes. Les manipulateurs vous imposent des rapports quand vous n’en voulez pas et se refusent quand vous montrez du désir. Ils dépouillent l’acte de toute tendresse et préfèrent comme par hasard les pratiques qui vous répugnent le plus.
Malgré leur double jeu, les manipulateurs ne sont insoupçonnables que par notre incapacité à faire face à ce qu’ils sont. La pensée perverse est inconcevable pour un non-psychopathe, dans les deux sens du terme. D’une part, on ne peut pas admettre que des gens comme ça existent. D’autre part, n’ayant pas leur structure mentale, on ne peut pas non plus avoir accès à leur raisonnement cinglé. Comment pourrait-on être « sans affect » ? Comment peut-on être cynique, sadique et malveillant sans que ça ne se voie ? Normalement, les méchants ont une tête de méchant, les fous, un regard de fou. Enfin, c’est ce que l’on croit.
Quand il s’agit d’une mère perverse, le père se retrouve encore plus seul et plus démuni devant ce constat.
Les enfants des manipulateurs sont en grave danger, parce que leur société ne met pas en place ce qu’il faut pour les protéger. Et « la société », c’est vous et moi.
Quand les intervenants sociaux et le système judiciaire interviennent dans la vie des victimes, elles sont abruties de fatigue, sous emprise, l’esprit embrouillé.
Tous ces comportements sont sous-tendus par une terreur dont la victime elle-même n’est pas toujours consciente. Bien que ce soit impensable, elle ressent la haine. Elle pressent que si elle se rebelle, il va se passer des choses graves. Elle sait intuitivement que le moindre de ses comportements risque de déclencher une guerre nucléaire.
Dans sa folie de toute-puissance, le manipulateur n’admet aucune zone d’ombre, aucun jardin secret : il doit tout savoir, tout le temps, y compris la moindre de vos pensées.
Quand un parent maltraitant veut envoyer une gifle à son enfant, il n’admet pas que l’enfant ait l’instinct de se protéger le visage. « Baisse ton bras ! » hurle le parent et l’enfant doit renoncer à sa propre protection, baisser sa garde et prendre la gifle dans toute sa violence.
Et les mères manipulatrices ? Quel danger représentent-elles ? Elles feront effectivement tout ce qu’elles peuvent pour empêcher le père d’exercer sa fonction. Elles auront de sérieuses carences maternelles. Les enfants seront mal maternés.
Pour les manipulatrices, la tâche est aisée. Les femmes ont majoritairement la garde de leurs enfants. Il ne reste plus qu’à dégoûter le père de s’en approcher. Elles font vivre l’enfer aux pères et n’hésitent pas à les accuser de maltraitance. Plus les enfants vont grandir, plus ils se rapprocheront du père. Le climat entre les enfants et la mère en revanche, ira en se dégradant. Il est fort probable qu’il verra un jour les enfants demander à venir vivre chez lui, en général entre 13 et 15 ans. Oui, c’est tard, mais c’est une belle victoire. Les manipulateurs sont des voleurs de vie. Ils vous volent des années de bonheur, d’amour et de paix.
Au moment de la séparation, le manipulateur va essayer à tout prix d’imposer la garde alternée, quel que soit l’âge de l’enfant.
Les passations d’enfants sont des moments pénibles et traumatisants. La mère et les enfants ne doivent avoir entre eux aucun geste affectueux sous peine de déclencher ses foudres. Mais lui, fait une comédie pathétique. Il sanglote, hurle à la mère qu’il l’aime encore, hoquète qu’il ne peut pas vivre sans ses enfants, menace de se suicider. Les enfants pleurent, effrayés. Il en profite pour dire que tout cela est à cause de la mère. Le téléphone aussi devient une arme. Quand il a les enfants, il ne décroche pas, prétend qu’il n’a pas entendu le téléphone sonner et décourage les enfants de parler à leur mère en manifestant lourdement sa désapprobation. Mais lui en retour, appelle tous les jours, aux heures où il a le plus de chance d’enquiquiner son ex. Il pourra ainsi mieux lui reprocher de refuser qu’il parle aux enfants !
Lorsque les arrivent chez leur parent manipulateur, ils sont dépouillés de tout, y compris de leurs jouets fétiches, de leurs peluches, de leur doudou. Le message est le suivant : ton autre parent n’existe pas, ton autre vie n’existe pas. Dans une majorité de cas, le parent manipulateur confisque à l’enfant tout objet transitionnel affectivement investi qui lui permettrait de faire le pont entre ses deux vies. Tout ce qui vient de chez l’autre parent est escamoté.
Tout chagrin de la séparation, toute affection montrée pour l’autre parent sont considérés comme des traîtrises par le parent manipulateur. Les enfants apprennent vite à ne faire aucune démonstration de tendresse envers leur mère en présence du père.
Enfin, ultime imposture, le manipulateur fait lourdement sentir aux enfants que pour obtenir son amour, ils doivent détester l’autre parent. Pendant sa semaine de garde, le parent manipulateur se moque, méprise, calomnie ou néantise l’autre parent. Simultanément, il fanfaronne, se vante et fait son auto-promo. « Tu as vu tout ce que moi, je fais pour toi ! » Cela ne l’empêche pas de dénigrer et harceler les enfants. Fidèle à son « deux poids, deux mesures » et son « fais ce que je dis, pas ce que je fais », le manipulateur s’incruste lourdement dans la semaine de son ex et ne risque pas de se faire oublier ! La semaine où il n’a pas les enfants, il reste omniprésent.
Les risques et les séquelles sur les enfants
En matière d’enfance maltraitée, malgré les nombreuses tentatives de sensibilisation du public, la méconnaissance et le déni de ce problème restent entiers. À l’exception d’une poignée de bonnes volontés disséminées sur la planète et de quelques lois votées sporadiquement, malgré la déclaration des droits de l’enfant, l’humanité a un mal fou à faire face au plus révoltant des états de fait : dans tous les pays du monde, des adultes peuvent, quasiment en toute impunité, déverser leur frustration, leur violence, leur haine ou leur perversion sur des innocents (la plupart du temps leurs propres enfants) dont la vie en restera marquée à jamais, qui choisiront ensuite des conjoints prédateurs et qui reproduiront directement ou indirectement la maltraitance qu’ils ont subie.
À ce stade de votre lecture, je pense que vous avez compris qu’un parent manipulateur est un parent gravement maltraitant.
Le parent manipulateur est maltraitant psychologiquement
Voici la liste des mauvais traitements psychologiques définis par l’APSAC (American Professional Society on the Abuse of Children) :
• terrorisme : comportement menaçant, susceptible de blesser ou d’être dangereux pour l’enfant et / ou un proche auquel l’enfant est très attaché ;
• corruption : donner l’exemple, permettre, autoriser des comportements inadéquats ou antisociaux ;
• rejet : messages verbaux ou non verbaux dégradant ou rejetant l’enfant ;
• indifférence émotionnelle : ignorer les besoins de l’enfant en termes d’interaction, ne pas lui montrer d’émotion positive ;
• isolement : confiner la famille / l’enfant dans des limites déraisonnables, limiter son contact avec les autres ;
• négligence de la santé physique, mentale et éducationnelle : échouer ou refuser de pourvoir au nécessaire relatif aux besoins ou aux problèmes de l’enfant.
• le harcèlement. Par exemple, les pères manipulateurs sont capables de poursuivre l’enfant dans toute la maison en lui disant en boucle : « Demande la garde alternée, demande la garde alternée… » ;
• la volonté de frustrer : toute joie est tuée dans l’œuf, les objets chéris sont confisqués, les sources d’affection écartées ;
• l’injustice liée à la toute-puissance : les punitions pleuvent, arbitraires, injustes, incompréhensibles… ;
• le sadisme : l’enfant perçoit inconsciemment ce triomphe, cette joie mauvaise que ressent le parent manipulateur à l’écraser et à le faire souffrir ;
• la volonté consciente d’avilir, de salir, d’humilier, de profaner le sacré, de déshumaniser ;
• le déni de la spécificité de l’enfance et de la vulnérabilité des petits, du droit à la protection… ;
• le viol moral permanent : interdiction d’avoir la moindre intimité, le moindre jardin secret. Les parents manipulateurs exigent une transparence absolue. Ils font subir à leurs enfants des interrogatoires dignes de la Stasi, effectuent des fouilles, lisent les journaux intimes, les mails, les textos, exigent les mots de passe, écoutent aux portes… ;
• la culpabilisation permanente : étant paranoïaques, les manipulateurs traitent systématiquement leurs enfants en présumés coupables, les somment en permanence de se justifier et les accusent d’être à l’origine de tous leurs comportements maltraitants.
Le parent manipulateur est maltraitant physiquement
Les parents manipulateurs ont la main leste, les réactions brutales et l’envie sadique de faire mal. Ce sadisme s’exerce très tôt sur les enfants »
Le côté passif-agressif des manipulateurs les pousse à organiser des mises en danger délibérées de leurs proches et de leurs enfants.
Et ces parents manipulateurs cognent, tôt, beaucoup, souvent.
Les symptômes de stress post-traumatique
Voici la liste de ces symptômes :
• la personne revit sans cesse mentalement la situation traumatique. Elle revoit la scène, elle fait des cauchemars, elle a des flashes-back : des images, des sons des sensations physiques reviennent brusquement, sans prévenir, et réenclenchent les mêmes émotions de peur, de dégoût, de colère ou d’impuissance ;
• une véritable dépression : la personne fuit le monde extérieur, se met en retrait, manque d’intérêt pour sa vie quotidienne, ne se passionne plus comme avant. Elle réagit peu, montre moins d’émotions et de sentiments ;
• des troubles du sommeil et de la concentration et des problèmes de mémoire ;
• un sentiment irrationnel de culpabilité ;
• une sensibilité extrême aux dangers extérieurs et des comportements d’évitement. Par exemple, elle sursaute pour un rien ou ne peut plus retourner sur les lieux du drame.
Lorsque la personne sera à nouveau confrontée à des situations rappelant l’événement initial, même de façon symbolique, elle vivra une accentuation de tous ces symptômes. Le stress post-traumatique s’installe en général dans les six mois suivant le drame et perdure parfois la vie entière.
Flashes-back et cauchemars :
• tout stimulus extérieur, même aussi subtil qu’une odeur et rappelant de façon directe ou symbolique le traumatisme de l’abus va provoquer une réaction (apparition d’une image, dialogue interne, ressenti kinesthésique) associé à l’état interne lors du traumatisme (peur ou panique, colère, impuissance, découragement…) ;
• cauchemars : de type récurrents, ils évoquent la proximité d’une silhouette menaçante, des serpents lovés près du lit, l’impression d’être poursuivi…
Un déni généralisé
Le déni du problème continue avec les auditeurs. Et c’est humainement compréhensible car ces récits vont réveiller de trop douloureux souvenirs chez certains ou générer un malaise intense chez les autres. L’évocation des détails d’une situation de maltraitance est quasiment insoutenable pour qui n’est pas formé aux techniques d’écoute. C’est ainsi que les idées les plus stéréotypées continuent à être véhiculées et à égarer les gens sur de fausses pistes. Par exemple, lorsqu’on pense « enfants maltraités », on voit l’enfant dans le placard, pas celui qui est critiqué, insulté ou giflé à longueur de journée. Enfin, la plupart des gens pensent que les enfants ne sont maltraités que chez les pauvres.
Quatre grandes catégories de séquelles
L’impuissance : c’est le sentiment principalement ressenti par l’enfant devant la violence, la méchanceté ou la volonté de l’adulte. Que faire face à un géant pareil, que comprendre de sa logique et de ses contradictions (« Tais-toi et réponds quand je te parle ! »), comment prédire le prochain orage ? Certains capitulent définitivement et seront d’une passivité extrême dans leur vie d’adulte »
Les autres développeront un besoin maladif de contrôler tous les paramètres de leur vie. Perfectionnistes, surmenés, en état de stress et d’hypercontrôle permanents »
La trahison : l’enfant est naturellement confiant envers les adultes et plus encore envers l’adulte censé veiller sur lui. Lorsqu’il est maltraité, cette confiance est trahie. Les parents maltraitants sont de véritables usurpateurs. Ils ont le titre de parents, mais n’en assument pas les devoirs. À celle du parent maltraitant, il faut ajouter les autres trahisons.
Il y a aussi la trahison de tous les adultes de l’entourage qui savaient, qui auraient pu, qui auraient dû agir et qui se sont également tus. À l’âge adulte, ses relations interpersonnelles en seront largement faussées. La difficulté à faire confiance aux gens dignes de foi ira de pair avec une grande naïveté face aux manipulateurs et aux imposteurs. »
L’humiliation : comme toutes les tortures, la maltraitance détruit le potentiel de confiance en soi et fait perdre le statut d’être humain. Incapable de comprendre que c’est la logique de l’adulte maltraitant qui est déficiente, l’enfant pense que c’est forcément vrai qu’il ne vaut rien. Combien d’enfants pourtant restent dignes et silencieux devant l’adulte enragé et hors de lui. Mais la honte et la culpabilité que n’éprouve pas l’adulte maltraitant seront portées par l’enfant à travers les années, le rendront maladivement sensible aux critiques.
Le rapport à son corps : lorsque l’enfant vit des choses trop difficiles dans son corps, il prend l’habitude de s’en échapper et de se réfugier dans sa tête. C’est un réflexe de survie. Cela s’appelle la dissociation. Ce mécanisme les conduit à avoir peu d’informations venant de leur corps et à être très négligents avec leur santé, leur alimentation ou leur hygiène corporelle.
Des années après, tous ces symptômes perdureront et seront avivés par les difficultés de la vie ordinaire lorsqu’elles viendront en résonance avec ce passé douloureux. Boules de stress, d’angoisse, de honte et de déprime, les ex-victimes de maltraitance traversent souvent leur existence, empêtrées dans leurs mécanismes de survie, très seules, conscientes d’être différentes, mais sans trouver d’issue à leur enfermement.
À court terme, l’enfant présente des troubles de l’attachement et des symptômes dépressifs. À moyen terme, se mettent en place tous les symptômes de stress post-traumatique. À long terme, une chape de déni, celui du manipulateur et celui de la société qui aura refusé de le protéger, viendra confiner et emprisonner toutes ces souffrances.
Enfin, le dernier des risques, et non le moindre, est que l’enfant devienne pervers à son tour. Ce n’est évitable que si on met l’enfant à l’abri du parent manipulateur, qu’on limite leurs contacts et que personne ne cautionne les déviances de ce parent.
À la maltraitance des manipulateurs vient s’ajouter, pour les enfants et les parents victimes, celle de leur entourage et celle des institutions. Il y a la méconnaissance générale du problème, mais aussi parfois un vrai refus de comprendre ou de voir. Indifférence, lâcheté ou déni du problème, bêtise peut-être, sont autant de grains de sel sur des plaies vives. Il est urgent que les professionnels apprennent à reconnaître les pervers narcissiques et que de nouvelles lois puissent les cadrer fermement. Il manque à la législation des outils pour gérer ces cas de figure aussi complexes que particuliers.
Notamment l’idée que des juges soient spécifiquement formés pour comprendre les violences familiales et la manipulation mentale.
Le premier outil qui me paraît indispensable à développer concerne les conditions du recueil de la parole de l’enfant, de façon à savoir évaluer réalistement sa crédibilité. Bien qu’on brandisse « l’intérêt supérieur de l’enfant » à tout bout de champ, les préoccupations ambiantes se focalisent sur les droits des parents à avoir leur enfant, et personne ne semble se soucier d’écouter cet enfant, de le comprendre et surtout de le croire quand il dit des vérités qui dérangent les adultes.
Le premier adulte auquel l’enfant se confie est la plupart du temps un proche. Cette personne risque d’être bouleversée par le récit de l’enfant et ses réactions vont induire de l’angoisse chez l’enfant. Alors, lorsqu’il parlera à des professionnels, policiers ou experts, l’enfant aura déjà un discours différent, empreint de crainte ou de besoin de convaincre. Plus l’enfant dira des choses dérangeantes, plus les questions risquent de devenir pressantes, inductives et suggestives, voire menaçantes. Or, l’adulte a le pouvoir de faire dire à l’enfant ce que lui-même s’attend à entendre, car l’enfant est impressionnable.
Pour compliquer les choses, les enfants de manipulateurs sont des enfants déstabilisants
L’enfant maltraité avance dans la vie « une vipère au poing ». Il dérange, il fait peur et il fait fuir. C’est un enfant trop mature, qui déroute les adultes.
Les enfants maltraités n’ont pas l’espace d’être insouciants et étourdis. La plupart d’entre eux sont résilients, donc surdoués, mais très perturbés par le stress post-traumatique. Cela fausse les tests de QI. Les professionnels n’arrivent pas à les cerner. Ces petits ont un vocabulaire d’adulte, une compréhension de la situation trop clairvoyante pour leur âge. Parentifiés depuis longtemps, ils parlent d’égal à égal avec les adultes.
Contrairement à ce que veulent croire les adultes, c’est rare qu’un enfant fabule ! Et quand le discours de l’enfant est préfabriqué, cela se sent très vite. Le récit appris est synthétique et rigide. Un récit véridique est détaillé et il n’est pas figé, il contient des hésitations, des blancs de mémoire, des corrections spontanées… Le non verbal de l’enfant exprime de la honte, des doutes, des peurs. Mais au cinquième, sixième interlocuteur, évidemment, le récit de l’enfant, même s’il est authentique, finit par se figer, se globaliser et perdre ses affects, surtout si l’enfant sent que les adultes ne le croient pas. Les adultes se rendent-ils compte de ce qu’ils ont infligé à cet enfant : raconter son cauchemar à sept adultes différents, pour au final s’entendre dire par le dernier qu’il ment !
Vous le savez maintenant, le manipulateur porte un masque
Son attitude n’est jamais neutre. Comme vous le savez maintenant, il est toujours dans la séduction, l’auto-apitoiement, la dramatisation ou l’agressivité.
Son discours est hypnotique, décousu, volontairement obscur, truffé de sous-entendus et d’allusions venimeuses.
Voici la trame ordinaire de son argumentation : la victime, c’est lui. Il aime tellement ses enfants, il souffre tellement… C’est un mauvais comédien qui surjoue son rôle. Il dramatise théâtralement la situation, en rajoute dans le pathos, mais en général, ça passe comme une lettre à la poste. Lui, lui, lui… Ce que vivent et ressentent les autres lui est inaccessible. Il l’effleure si on insiste, mais revient à… LUI. Il se fait passer pour une personne forte et solide et se place en solution. Il se vante complaisamment. Un manipulateur est incapable de faire son autocritique. Écoutez son discours : jamais il ne se remet en cause !
Le meilleur moyen de les piéger ? Entrez dans les détails et demandez-leur des informations très précises. Par exemple : mettez votre manipulateur en confiance, laissez-le parler un peu de « LUI » pour qu’il commence à se lâcher. Puis, d’un air très intéressé, posez-lui des questions particulièrement concrètes sur la vie de cet enfant qu’il prétend adorer et dont il dit s’occuper si bien : le nom de son meilleur copain d’école, la date de la dernière visite chez le pédiatre, où en sont les vaccins ?
Mais attention, un manipulateur étant un bluffeur, il peut vous sortir des infos bidon, inventées de toutes pièces, avec beaucoup d’assurance. Pensez à vérifier !
Un manipulateur est un accusateur. Quand il a fini de pleurer sur son propre sort, il essaiera toujours de revenir à l’objet de sa haine et de faire son procès. Changez de sujet, hop, dès qu’il le peut, il revient sur les crimes de son horrible conjoint.
On n’est pas trop de deux en face d’un manipulateur qui fait son numéro. Aussi souvent que possible, demandez à un collègue averti de vous épauler et de vous aider à débriefer l’entretien.
La médiation n’est pas adaptée quand il y a un manipulateur en jeu. L’un des parents ne demanderait que ça, de bien s’entendre pour les enfants, mais l’autre ne veut pas en entendre parler. Il s’agit d’un conflit chronique, que le manipulateur cherche à faire perdurer au-delà de la séparation, pour garder son ex sous contrôle, alors que sa victime cherche à le fuir. Il ne s’agit pas d’un conflit ordinaire, mais d’une prise de pouvoir d’un conjoint sur l’autre. Les séances de médiation sont pour les pervers un moyen de continuer à agresser leur ex. Les victimes en sortent laminées.
La peur que ressentent les victimes est intense, proche de la terreur et de la panique. Certaines victimes sont même tétanisées par la trouille. Ce qui rend cette peur difficile à contrôler, c’est qu’elle est à la fois multiforme et informe. Le manipulateur menace beaucoup, laisse évasivement entendre qu’il exercera de féroces représailles et vous laisse essayer de deviner lesquelles.
Quand on est manipulateur, on l’est partout, tout le temps et avec tout le monde. Un manipulateur manipule donc forcément ses propres enfants.
La technique pour manipuler les enfants est simple. Il s’agit de leur faire croire qu’on est très gentil et très malheureux, que l’autre parent est très nul et très méchant, et surtout que tout est de sa faute. Les enfants subissent des pressions, du chantage et un véritable lavage de cerveau. Chantage affectif, scènes théâtrales de cris, de larmes traumatisantes et messages subliminaux se relaient sans interruption dans un matraquage permanent.
Un parent manipulateur est un danger objectif pour ses enfants. La manipulation mentale est un viol psychologique permanent.
Seul l’autre parent sait. Il est donc le seul à pouvoir faire quelque chose. Et en premier lieu : se battre contre l’instauration de la garde alternée.
Résumons-nous :
Ne pas toucher à l’image d’un parent déviant, c’est cautionner sa déviance, mais le critiquer, c’est démolir son enfant. De plus, se justifier, c’est s’accuser. Alors comment sortir de ce tissu de contraintes ? En fait, c’est tout simple. Il suffit de différencier la personne de ses actes.
N’attaquez jamais la personne dans son identité. Tenez-vous en aux actes et aux faits objectifs, mais osez dénoncer les faits et les actes déviants sans ambiguïté et rétablissez la vérité.
Ne soyez plus complice de l’imposture
Le parent manipulateur est un imposteur. Il a usurpé le titre de parent, mais il n’a nullement l’intention d’exercer la fonction. Il n’a aucune compétence parentale et aucun amour pour son enfant. Le bien de l’enfant, il s’en fiche complètement. Seules lui importent la protection de son image et sa vengeance, qu’il compte bien siroter sur des années. »
Le gentil parent est en fait une personne ivre de rage et de haine. Tout le reste est le camouflage de son envie de vengeance. Faire croire à un enfant qu’il a un vrai parent et qu’il y a de l’amour à trouver dans ce personnage haineux et froid est une véritable imposture. Non, tous les parents n’aiment pas leurs enfants. C’est une idée fausse. Les parents pervers sont sans affect. Ils n’aiment personne, pas plus leurs enfants que quelqu’un d’autre.
Si j’ai froid et qu’on me fait croire que le radiateur de la pièce fonctionne, je vais me poser beaucoup de questions sur ma santé. Si je sais que le radiateur est cassé, je ne serai plus étonnée d’avoir froid et j’irai chercher de la chaleur ailleurs. C’est exactement ce qu’il se passe pour les Enfants de manipulateurs. Tout le monde conspire à leur faire croire que le radiateur est allumé alors qu’il est glacé. C’est pourquoi je soutiens que les enfants ont le droit de savoir qu’il n’y a pas d’amour dans ce parent manipulateur. Je sais, ça paraît violent. Et pourtant, tout cela, l’enfant le sait déjà. Ce sont les adultes qui l’empêchent de se connecter à son ressenti et de le valider.
Il faut vraiment arrêter de prétendre qu’il y a de l’amour là où il n’y en a pas. Il me paraît important de prévenir l’enfant de la pathologie de son parent pour éviter qu’il ne se croie lui-même pas aimable. Ce n’est pas lui en tant qu’enfant qui est le problème, c’est le parent sans affect qui a des dysfonctionnements. On peut dire les choses de manière toute simple : « Ton père a comme une espèce de maladie qui l’empêche d’aimer les gens. Il croit qu’il aime, mais en fait il ne sait pas aimer. Ce n’est pas ça, l’amour. » Plus tard, on peut dire sobrement aux ados : « Chez ton père, le logiciel “parent” n’est pas installé. Ce n’est pas la peine d’essayer de le faire fonctionner. » Vous n’imaginez pas à quel point c’est soulageant pour un enfant de manipulateur, quel que soit son âge, de se sentir enfin autorisé à valider ce qu’il ressent depuis toujours.
La dernière idée reçue qui semble difficilement contournable dans notre société est celle qu’un enfant a besoin de ses deux parents, en toutes circonstances, quoiqu’il arrive et à n’importe quel prix. Avoir des contacts réguliers et chaleureux avec ses deux parents est effectivement l’idéal quand les deux parents sont sains et aimants. Mais quand un parent est toxique ? A-t-on vraiment besoin d’avoir des contacts avec un parent destructeur pour se construire ? Cette idée reçue va encore plus loin quand elle prétend qu’il faut maintenir le lien parent-enfant coûte que coûte.
La seule bonne raison de garder un contact avec un parent destructeur est de ne pas risquer de l’idéaliser en son absence. Il peut être bienvenu de se confronter a minima à sa maltraitance pour ne pas oublier qui il est. En dehors de cette raison, je pense qu’il est indispensable de protéger un enfant des maltraitances de son parent toxique. Les enfants ont le droit d’être protégés des gens qui sont dangereux pour eux, même quand la violence n’est pas apparente.
L’humanisme des parents victimes est un des principaux facteurs paralysants. Ces parents sont très démunis devant la méchanceté et la malveillance. Ils n’arrivent pas à comprendre comment le père (la mère) de leurs enfants pourrait leur vouloir du mal et encore plus comment un parent pourrait s’en ficher à ce point de faire du mal à ses propres enfants.
Comme les sales gosses qu’ils sont, les manipulateurs ont besoin de limites clairement posées. À un moment donné, la fermeté, voire la brutalité s’impose. Il faut dire « Stop ! », « Ça suffit maintenant ! » ou « Tu as intérêt à te calmer !
C’est pourtant tout simple : les vampires craignent la lumière. Le principe même de la manipulation est qu’elle se fait dans l’ombre. Les manipulateurs ont deux visages et tiennent par-dessus tout à leur image irréprochable. S’il y a un témoin, ils se tiennent tranquilles. On peut ainsi limiter le nombre des scènes traumatisantes pour les enfants.
Le téléphone est un outil fabuleux pour exercer son sadisme.
Vous devez protéger vos enfants de ces coups de fils toxiques.
Nous l’avons vu plus haut, entendre dénigrer l’un de ses parents est très douloureux pour les enfants. Et chez le parent manipulateur, le dénigrement est constant. C’est un véritable matraquage. Pour se blinder, les enfants se mettent à penser que c’est vrai et à en vouloir à l’autre parent de ne pas se défendre et de prêter le flanc à la critique.
Préserver l’enfant de la violence de la procédure.
Une des grandes peurs des parents sains est que l’enfant devienne aussi manipulateur que son autre parent. C’est pourquoi ils se mettent à guetter et à relever tous les comportements qui semblent aller dans le sens de cette peur. C’est ce qu’il ne faut surtout pas faire, car on renforce les comportements que l’on relève. Retenez bien ce principe : on fait pousser chez l’autre les comportements que l’on arrose de son attention. Plus vous relèverez de similitudes avec le parent manipulateur, plus vous les inviterez à se généraliser. Alors focalisez-vous sur tout ce qui prouve que l’enfant est différent de ce parent manipulateur et validez sans relâche toutes ces différences. Ensuite, le meilleur moyen que l’enfant ne devienne pas manipulateur est de ne plus être vous-même manipulable. Un enfant a besoin que l’adulte soit bien positionné à sa place d’adulte et d’être maintenu à sa place d’enfant. Il a aussi besoin d’être cadré, frustré et d’avoir des limites bien posées. N’alimentez surtout pas chez lui le fantasme de toute-puissance comme vous l’avez fait avec son autre parent… Lorsqu’on élève seul(e) un enfant, on peut être tenté de bavarder avec lui comme avec un ami.
Lorsqu’un des parents est manipulateur, l’autre parent doit développer des compétences parentales hors normes. Il doit devenir plus solide que la moyenne des parents, plus clairvoyant, plus structuré, plus responsable, mais aussi être capable d’une écoute et d’un accompagnement de son enfant proche d’une thérapie.
La plupart du temps, le parent manipulateur refuse que l’enfant voie un psy. Il a bien trop peur que ses malveillances deviennent apparentes. »