L’adulte doué et ses parents

L’adulte doué et ses parents – par Arielle ADDA

Le Journal des Femmes – 13 mai 2016

Arielle Adda

Je poste cet article car cette question : « dois-je en parler à mes parents ? » m’est très souvent posée au cabinet par les adultes à Haut Potentiel. Arielle Adda ne répond pas précisément ici à cette question mais en revanche, elle montre, subtilement comme toujours, le lien nouveau qui peut se créer, quand cet enfant devenu adulte, apprend à son parent à se reconnaître lui-même  : la  portée de cette révélation n’est pas la même quand cette information essentielle, puisqu’elle touche le cœur même de la personne concernée, a été fournie par l’enfant qu’on a guidé, accompagné et éduqué en fonction de ses propres principes.  »

« Quand, après de longues recherches, des tâtonnements, de rencontres pas toujours efficaces avec des personnes sensées l’écouter et l’aider, un adulte découvre qu’il fait partie des personnes douées, il se demande inéluctablement comment se comporter vis-à-vis de ses parents.

Il lui a fallu un peu de temps pour accepter cette idée, mais, avant même d’en saisir véritablement toute la portée, il songe à ses parents. Grâce à l’éclairage fourni par cette découverte, il les voit différemment, il comprend mieux des aspects, parfois surprenants, de leur comportement et il commence à s’interroger sur sa façon d’être désormais avec eux. Il aimerait se hasarder à évoquer avec le plus de tact et de discrétion possibles  l’hypothèse d’un don intellectuel qui les concernerait eux aussi.

Il faut rester d’une prudence de sioux pour tenter d’entamer sans provoquer de dégâts trop meurtriers des défenses échafaudées durant des décennies. Dans le meilleur des cas, cette révélation peut entraîner une nouvelle forme d’entente, plus subtile et complice : ce parent ou ces parents qui ont été révélés à eux-mêmes par leur enfant se réconcilient avec des aspects de leur propre personnalité qu’ils ne comprenaient pas bien, ils savent désormais pourquoi certaines personnes les hérissent et pourquoi ils se sentent si heureux avec d’autres.  Même si ces idées restent floues, s’ils refusent de se reconnaître véritablement,  une modification subtile, pratiquement imperceptible, s’opère, comme un nœud caché qui se dénouerait et c’est leur enfant qui a réussi cette transformation, en se gardant bien d’exprimer des reproches pour les dénis et les aveuglements passés dont il comprendrait finalement  les raisons. Ses parents ont bien dû être alertés par une maîtresse particulièrement perspicace et attentive, ou par un professeur appréciant les qualités de leur enfant, mais ils n’auraient, en réalité, jamais osé envisager un quelconque don intellectuel, comme si cette hypothèse ne pouvait les concerner.

C’est leur enfant, devenu adulte,  qui joue le rôle de révélateur, il peut rarement mener à bien cette œuvre sans être aidé ou, du moins, accompagné, tant cette démarche demande de subtilité, de doigté, de finesse : les places sont inversées, l’enfant accompagne son parent sur le chemin de la révélation à lui-même.

Cette révélation peut s’appliquer à tout âge, même quand on arrive au bout de son existence, le temps qui reste encore  n’a pas la même tonalité, pas la même saveur. Il faut du temps pour s’habituer à cette donnée finalement révolutionnaire. Déjà l’adulte qui a entrepris ces démarches doit réviser son existence passée à la lumière de cette donnée : ses amitiés, parfois surprenantes, le déroulement de sa scolarité, les déconvenues qu’il ne s’expliquait pas ou bien dont il se sentait coupable, en fait tous les événements qui ont jalonné sa vie et qui semblaient parfois désordonnés et chaotiques en l’absence de la grille de lecture adaptée.

Ceux qui entreprennent cette démarche peuvent d’ailleurs être au seuil de la retraite, mais ils leur reste encore de nombreuses années et ils veulent qu’elles soient les plus riches et les plus intéressantes possibles : au contraire, débarrassés des contraintes familiales et professionnelles, quotidiennes et obligatoires, qu’ils ont supportées si longtemps, ils désirent s’accomplir pleinement, heureux de s’offrir une liberté ignorée jusque-là. Tout au long de ce parcours de révélation, ils sont restés maîtres de leur destinée.

Il arrive même que ce soit grâce à leurs petit enfants, reconnus officiellement « doués »,  qu’ils passent l’histoire de leur existence au filtre de cette nouvelle donnée ; c’est alors  une découverte encore plus troublante.

La  portée de cette révélation n’est pas la même quand cette information essentielle, puisqu’elle touche le cœur même de la personne concernée, a été fournie par l’enfant qu’on a guidé, accompagné et éduqué en fonction de ses propres principes. C’est une révision profonde de l’existence toute entière au moment où on aborde la période qui voit  s’amorcer les deuils, réels ou psychologiques, les renoncements de tous ordres,  les pertes auxquelles il faut bien se résigner.

Les enfants, déjà bien adultes, se sentent pratiquement contraints de communiquer cette donnée capitale à leurs parents.  Ils ne se sentiraient pas en paix avec eux-mêmes s’ils se dérobaient, mais il est parfois difficile de trouver le courage d’affronter des réactions bien souvent prévisibles de déni, d’indignation, d’incrédulité totale ou même de colère qu’aucune démonstration ne semble capable d’entamer.

La première étape, consistant à révéler à ses parents qu’on se situe dans une partie très restreinte de la population est déjà délicate.  Des parents y voient un reproche déguisé, ils se justifient alors, parfois par de brutales dénégations, comme d’y voir une excuse maladroite pour expliquer le  parcours scolaire mouvementé et décevant de cet enfant qui leur transmet ces informations tellement perturbatrices et ils s’insurgent contre cette hypothèse les concernant, mais cette position n’est pas tenable très longtemps, sauf exceptions particulièrement entêtées, et l’idée commence à faire son chemin.  On suggère quelques lectures sous le prétexte de mieux comprendre des petits enfants, des petits neveux, des petits voisins particulièrement éveillés.

C’est un travail extrêmement lent, souterrain, cette révélation s’opère peu à peu, à l’image des vestiges d’un très ancien temps profondément enfouis et qu’on met à jour avec de multiples précautions tant ils sont fragiles.

Plonger dans un passé si lointain où les souvenirs s’emmêlent ou bien se confondent parfois  avec l’Histoire est complexe ; il arrive pourtant que cette révélation modifie radicalement la personnalité de celui qui se découvre tel qu’il est véritablement. Lire ou entendre la description fidèle de soi sous un éclairage  qu’on ignorait peut amorcer une révolution tellement profonde que la personnalité toute entière est bouleversée. Le danger le plus dévastateur serait que, seul, l’un des deux parents soient concerné, mais, dans ce cas, il y a plus souvent eu une séparation : dans un couple solide, les deux partenaires doivent fonctionner au même rythme. Malgré tout, entre deux personnes également douées  une mésentente tout aussi destructrice peut s’installer, surtout s’il y a une faille profonde chez l’un d’eux. L’étincelle qui a jaillit lors de la rencontre n’a pas été suffisamment puissante pour dissiper tous les malaises installés depuis longtemps.

Les enfants devenus plus lucides comprennent l’origine de ces désastres, ils se sentent plus forts pour les affronter, ils commencent à connaître la paix. »

Potentiels et Talents

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Je restitue ici la tribune d’Eric Solot, philosophe, parue dans la dernière newsletter de
la Fondation Potentiels et talents.
Outre sa qualité littéraire, ce texte est extrêmement intéressant, voire fondateur.

D’ordinaire, les deux mots peuvent être confondus et passer pour synonymes ou presque. Mais, joints l’un à l’autre et ainsi posés ensemble, ils obligent à être entendus distinctement. L’ambiguïté subsiste toutefois en ceci qu’ils ne s’opposent pas comme des contraires (blanc et noir, chaud et froid, ouvert et fermé, ou encore serviette et torchon). Ils se complètent l’un l’autre en s’éclairant mutuellement.

Compris l’un l’autre à l’écart l’un de l’autre et de façon courante, le potentiel et le talent sont tous les deux des capacités, des aptitudes, des forces ou des pouvoirs. D’une part, un potentiel est l’ensemble des ressources qu’un individu, un groupe ou un système possède en puissance, c’est-à-dire une capacité ou une aptitude à agir ou produire, sans pour autant agir ou produire en effet (effectivement). Je n’agis, ni ne produis pas encore, mais j’en ai la capacité, la puissance ou la force. D’autre part, un talent est la disposition, l’habileté, la capacité ou l’aptitude de quelqu’un à réussir une action ou une fabrication. La différence avec le potentiel n’est pas nette. D’où la possibilité de confondre potentiel et talent. L’équivoque disparaît si l’on se réfère à l’usage précis des deux mots. On parle d’un potentiel électrique, d’un potentiel militaire, d’un potentiel affectif, d’une chute de potentiel, de variation de potentiel, etc. On ne parlerait pas d’un talent électrique, d’un talent militaire, d’un talent affectif, d’une chute de talent, ni d’une variation de talent, à tout le moins dans le même sens. Sans doute peut-on entendre dire de quelqu’un qu’il a un talent militaire, mais « talent militaire » et « potentiel militaire » font deux. Lorsqu’on apprend que la Russie renforce son potentiel militaire, on ne se dit pas que son talent augmente, mais qu’elle se donne davantage de forces de frappe et de moyens de défense. Tout le monde sait donc très bien que le potentiel est une chose et le talent une autre, car que sont la force et les moyens dont on dispose si l’on ne sait pas en user ? Bref, « potentiel » et « talent » ne sont pas synonymes. Le potentiel est une force et le talent un savoir ; le savoir permettant de bien se servir de cette force. C’est pourquoi, comme nous disions plus haut, le potentiel est la capacité ou l’aptitude à agir ou produire, tandis que le talent est la capacité ou l’aptitude à réussir une action ou une production. Le potentiel ne suffit pas en lui-même pour réussir à chaque fois, il faut aussi le talent.

Potentiels et talents : la compréhension ordinaire empêchant d’être humain.

Quel est alors leur sens lorsque les deux mots sont rassemblés ? On pourrait dire, en conséquence de ce qui a été mis au point, que le potentiel serait le moyen de faire quelque chose, qu’il s’agisse d’action ou de fabrication, tandis que le talent serait la façon de le faire, la manière ou l’art de s’y prendre pour réussir. Cela serait ensuite facile de comprendre pourquoi la fondation porte le nom « Potentiels et talents ». Les potentiels seraient les diverses forces de chacun, les capacités, les aptitudes et donc les divers moyens, tandis que les talents seraient les diverses manières dont chacun se servirait de ses propres forces, capacités, aptitudes et donc moyens. Sur cette lancée, il serait logique de penser que la fondation « Potentiels et talents » a pour but de permettre à tous les potentiels, et particulièrement à ceux que l’on appelle les hauts potentiels, de mettre à profit, aussi bien pour eux-mêmes que pour la société, leurs précieuses ressources, en sachant les dominer, les contrôler, les maîtriser et ainsi s’en servir à volonté pour agir ou fabriquer. Les hauts potentiels seraient ainsi, au sens littéral, de bons filons à exploiter.

Cette interprétation n’a de légitimité que si, au préalable, les hommes et les femmes ont été ramenés au niveau des choses et compris à partir d’elles comme s’en distinguant toutefois spécifiquement en ceci qu’ils sont doués d’une faculté rationnelle faisant d’eux des personnes et non pas seulement des choses ou objets. Comme l’être humain se comprend lui-même ainsi depuis des siècles de philosophie et de sciences dites humaines, l’interprétation des potentiels et des talents vaut pour lui comme pour les choses, à quelques variations près. N’est-ce pas de là que vient cette surprenante appellation, qui ne surprend plus personne, de « ressources humaines » ? L’être humain est devenu une matière première primordiale. Il est même la matière première la plus importante de toute puisque, contrairement aux autres matières, premières ou non, il a l’aptitude d’en tirer profit de lui-même et par lui-même. Cette aptitude devenue talent comblerait toutes les espérances. Ainsi pourrait-on financer la fondation « Potentiels et talents » avec le plus grand intérêt – dans tous les sens du terme. Les potentiels, c’est-à-dire les forces ou moyens humains d’agir ou de fabriquer, grâce aux écoles soutenues par la fondation, ne seront plus perdus, ni gâchés ou gaspillés, mais soigneusement éduqués pour qu’ils puissent enfin par eux-mêmes talentueusement se récupérer pour agir ou fabriquer avec autant de facilité que de performance et d’efficacité.

Potentiels et talents : une compréhension renouvelée permettant d’être humain

Ceci étant dit, il convient de prêter l’oreille à une autre interprétation qui devient sans doute d’autant plus urgente que l’être humain est, par son propre fait, de plus en plus empêché de l’entendre et de l’écouter. Peut-être y parviendrons-nous en faisant jouer les sens des verbes « être » et « posséder ». Il ne s’agit là que d’un essai dont il ne faudra pas oublier l’insuffisance ou le pis-aller.

La fondation « Potentiels et talents » ne s’occupe pas des potentiels que tel ou tel haut potentiel possède en puissance, et qu’une formation adaptée permettrait de talentueusement porter au bénéfice de tous en plus du sien, mais des potentiels que tel ou tel haut potentiel est et qu’il a à être d’autant plus difficilement que rien n’est fait pour qu’il le soit. Dans cette perspective, le potentiel est l’être même de l’être humain, potentiel dont l’exploitation perd tout sens, puisque ce dont il s’agit n’est rien de plus, ni rien de moins (mais la tâche est de tous les instants), que d’être celui qu’il est, c’est-à-dire d’être à la mesure de l’être qui est le sien. Être le potentiel que nous sommes chacun différemment et l’être de mieux en mieux à chaque fois plus entièrement, voilà comment il convient de comprendre le talent.

Pour reprendre l’exemple de la première tribune, c’est-à-dire celui de l’arbre qui, aux yeux du menuisier, a en lui le potentiel qu’il faut pour devenir une table, une armoire, une chaise ou un buffet, eh bien, le potentiel que nous sommes – que nous sommes, non que nous possédons – nous ne le devenons pas par transformation, c’est-à-dire en changeant notre être, mais en le reconnaissant et en nous y ajustant à chaque instant, puisque ne cesse jamais le risque de nous perdre. L’arbre qui est un arbre n’a aucun risque de s’égarer, de se manquer, ni de se perdre. Il n’a pas à être l’arbre qu’il est. Par contre, l’être humain, lui, n’est le potentiel qu’il est qu’en travaillant à l’être. Et mieux il y travaille, mieux il l’est. En quoi consiste précisément le talent. Il ne s’agit pas de transformer le potentiel qu’il est en autre chose, comme le marbre en statue ou le pétrole en plastique, mais de l’être. Car être humain n’est pas un état, mais une responsabilité. L’arbre, qu’il soit arbre encore ou devenu table, et la table, qu’elle soit table basse ou table de cuisine, ne sont pas responsables de leur être. Cette responsabilité proprement humaine vient de ce que l’être humain n’est l’est jamais une bonne fois pour toute, comme au contraire l’arbre devenu table ou chaise. Être avocat, promoteur immobilier, ébéniste, dentiste, danseur, informaticien, cuisinier ou plombier zingueur n’a pas lieu une bonne fois pour toute. Il faut toujours travailler à l’être pour ne pas nous perdre au risque de ne plus être ceux que nous sommes. Le poète César Pavese parlait ainsi du « métier de vivre », le peintre Georges Braque disant quant à lui : « Nous n’aurons jamais de repos, le présent est perpétuel ».

Faisons toutefois attention : la responsabilité, ici, ne doit pas se comprendre comme celle dont on parle après avoir commis un acte dont il faut assumer les conséquences. Le potentiel que nous avons à être ne relève pas de l’action, ni de la fabrication, mais de l’être. Il ne s’agit donc pas tant d’assumer ce que l’on fait que celui que l’on est. Assumer son être et assumer les conséquences de ses actes diffèrent en ceci qu’on peut toujours nous accuser d’avoir commis ce que nous pouvions ne pas avoir commis. En revanche, il est inconcevable de nous accuser d’être humain, c’est-à-dire d’avoir à être le potentiel que nous sommes. Or, c’est précisément ce qui se passe avec les hauts potentiels. Sous prétexte d’être hauts (la même chose vaut pour ceux qui sont bas, quoique selon une autre mesure), ils subissent les quolibets, moqueries, railleries ou autres détestables fantaisies de leurs camarades ou collègues normaux – normaux en ceci seulement qu’ils appartiennent à cette moyenne dont la société se sert comme norme pour évaluer les potentiels. Ils sont accusés d’être hauts potentiels et de ne pas arriver à l’être avec autant d’aisance que les potentiels moyens. À moins qu’ils ne s’en accusent eux-mêmes. Mais rien n’est fait pour les y aider. Au contraire, estimant qu’ils ont plus que les autres, on estime aussi qu’ils devraient y arriver mieux que les autres. Mais le talent s’obtient plus facilement là où le potentiel est moindre. Non certes pas parce qu’il est moindre, sinon les bas potentiels y parviendraient encore mieux, mais parce qu’il prend place dans la moyenne sur laquelle tout est aligné. Comprendre l’égalité à partir de l’égalisation, c’est-à-dire de la standardisation ou de l’uniformisation qu’on l’appelle rationalisation, unification, inclusion ou comme on voudra, cause un mal incalculable lorsqu’elle est appliquée aux êtres humains. Au lieu d’adapter le cursus scolaire à l’intelligence des élèves par respect pour leur différence, celui-ci les contraint à s’aligner sur l’intelligence moyenne pour laquelle il a été établi. Nous reviendrons sur cette paradoxale aberration égalitaire dans une prochaine tribune.

Le rapport entre potentiels et talents tel qu’il apparaît dans le nom de la fondation ne s’entend donc pas à partir du verbe posséder et comme une propriété à exploiter, mais à partir du verbe être, et comme ce que l’on a à être sans en devenir propriétaire. C’est nous en effet qui devons nous approprier à l’être que nous sommes et non nous l’approprier pour le transformer en je ne sais quel être inhumain. Bref, le potentiel est cet être que nous avons à être, et le talent le savoir être ce potentiel par la reconnaissance duquel nous sommes bel et bien ceux que nous sommes.

Eric Solot

Le bonheur au travail est-il possible pour les adultes surdoués ?

Le bonheur au travail est-il possible pour les adultes doués ?

« Mon expérience est que le lent et patient travail de connaissance de soi, de ses différents traits, la compréhension profonde de qui l’on est et le passage de la gêne ou de la honte à la fierté et la tranquillité d’être dans sa différence enfin comprise et assumée, le travail régulier de contact et de fluidification des émotions, le déblocage des schémas familiaux inefficaces, le retraitement des traumatismes, l’habileté relationnelle construite au fil des lectures et des expériences, la prudence, l’observation et le souci du détail, le travail, le goût et la discipline de se reconnecter régulièrement et sans complaisance au principe de réalité et enfin, l’accompagnement d’autres être atypiques fondent la possibilité réelle et durable pour des êtres atypiques d’être régulièrement et profondément heureux au travail et dans leur vie. »

Thierry Brunel in Adultes sensibles et doués – Trouver sa place au travail.

Adultes doués et sensibles, trouver sa place au travail et s’épanouir

Adultes doués et sensibles, trouver sa place au travail et s’épanouir, le dernier livre de Arielle Adda avec Thierry Brunel

 

 

L’adulte surdoué au travail
Dans « Adultes doués et sensibles, trouver sa place au travail et s’épanouir »,
« Mettre un surdoué sous un manager moyen, bosseur et politique est catastrophique », expliquent Thierry Brunel et Arielle Adda dans l’article de l’Usine Nouvelle qui leur est dédié.
Extrait :
L’Usine Nouvelle – Pourquoi ce livre ? Etre surdoué, ou être « une personne douée » selon la nouvelle terminologie que vous utilisez, ne suffit-il pas pour réussir ?
Thierry Brunel
– Chez les personnes douées, les fragilités sont aussi abyssales que les capacités sont grandes. Il existe trois grands types de décalages entre eux et le monde professionnel. Le premier tient à un problème de compréhension. C’est comme dans le conte d’Andersen, « Le vilain petit canard » : le doué est comme un cygne qui vit parmi les canards. Il imagine que le canard pense comme lui. Le deuxième décalage tient aux difficultés relationnelles. La personne douée est plus sensible, elle surréagit. Enfin et surtout, ce que j’appelle leur ancrage identitaire est souvent problématique. Même si cela peut sembler étonner, chez certains d’entre-eux, le fait d’être différent a été problématique, ils en ont eu honte. Ce sont des personnes qui doutent beaucoup. Ils ne perçoivent pas toujours qu’ils sont forts là où ils le sont. En revanche, ils voient leurs points faibles avec une acuité particulière… car ils sont doués.
Arielle Adda – Je reçois depuis longtemps des adultes doués qui ne sont pas toujours bien dans leur travail. Ils ne se vivent pas comme les meilleurs. On ne sait pas qu’on est doué. Quand ils font un test pour mesurer leur intelligence, certains refusent de croire le résultat, ils ne veulent pas être différents.

Pour quelles raisons ?
T.B
. – J’ai observé que les gens n’ont souvent aucun problème à se dire sensibles. S’affirmer tranquillement comme personne douée est beaucoup plus compliqué. Or, le but à atteindre est l’affirmation tranquille de la différence assumée. Il ne s’agit pas de dominer les autres.
A.A. – Etre doué peut être pénible à vivre. Cela fait « je me crois supérieur aux autres ». Comme c’est hors norme, on risque vite de passer à anormal.

La suite ICI

L’adulte surdoué – Apprendre à faire simple quand on est compliqué

L’adulte surdoué – Apprendre à faire simple quand on est compliqué
Monique de Kermadec – Albin Michel 2011.

Dans ce livre, Monique de Kermadec s’appuie sur sa pratique pour démontrer aux adultes à Haut Potentiel qu’elle nomme surdoués, qu’il n’est pas trop tard pour s’épanouir, accroître son intelligence émotionnelle, relationnelle et créatrice, point fort des adultes surdoués, point faible de toutes les pédagogies. Elle y donne la clé des étapes à franchir pour y parvenir.

Extrait de l’introduction :

 » Au cours de mes années de pratique, dans mon cabinet, mais encore en tant que thérapeute, j’ai rencontré plus d’un millier d’hommes et de femmes hors norme. Ils m’ont enseigné que si chacun d’eux était singulier dans son essence, littéralement extra-ordinaire, tous partageaient certaines forces, certaines originalités de vues et d’approches. Presque toujours, ils ont en commun d’avoir rencontré les mêmes problèmes pour nommer et analyser leurs souffrances, et résoudre harmonieusement leurs déceptions en amour, en amitié, en famille ou dans le monde du travail. Tous ont été des enfants précoces, dont les complexes, les difficultés, la vision du monde, se sont mués, à l’âge adulte, en un déficit de confiance en soi ; tous ressentent une frustration parce que leurs aspirations fondamentales restent inassouvies : tous sont censurés dans leur réalisation par leur entourage que leur « originalité » effraie et que leur différence rebute. Et, pour une très grande majorité d’entre eux, l’inquiétude qu’ils suscitent les contraint à recourir à une fasse identité, à un mimétisme social de circonstance qui les étouffe. Alors, il leur revient, du plus lointain de leur enfance, l’attente d’une permission à se vivre tels qu’ils sont que personne ne plus leur donner… »
Monique de Kermadec

Anthropologia a les honneurs de Sud Ouest

L’étude anthropologique et le cabinet Anthropologia à l’honneur dans Sud Ouest.

Un potentiel difficile à valoriser.
Les enfants intellectuellement précoces sont mal connus. Enquête d’une anthropologue.
Par Jean-Louis Hugon – Sud Ouest du 22/01/2015

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Extrait :
Olivia Gémain s’est intéressé de prés à cette question en allant voir 38 parents d’enfants landais confontés à ce porblème. Un travail réalisé entre novembre 2013 et mai 2014 de façon entièrement bénévole, dont elle a tiré un rapport.

Sud Ouest : Quelle a été votre démarche pour lancer cette enquête ?
Quand on cherche les réponses à ces questions, on ne les trouve que dans les livres, sur internet, dans des conférences ou auprès des associations. Mais la plupart du temps les parents sont livrés à eux-mêmes pour comprendre pourquoi leur enfant est différent des autres. C’est pour cela que je souhaitais voir els acteurs locaux, afin de collecter des informations et de connaître la situation réelle dans les Landes. Je suis allée rencontrer 38 familles (et aussi des professionnels de la santé et de l’éducation, des bénévoles d’associations), pour comprendre comment elle s’en sortent. Il fallait mettre des mots sur des maux.

Comment fonctionnent ces enfants que l’on appelle parfois des petits-génies ou des surdoués?
Il faut tout de suite oublier ces mots car ils reposent des a priori. Je préfère parler d’enfant à Haut Potentiel Intellectuel et Emotionnel (on parle de douance au Canada). Ce sont des êtres ayant un mode atypique de fonctionnement intellectuel, une structure de la pensée différente. Ils peuvent réfléchir plus rapidement, ont une pensée qui fonctionne en arborescence, leur permettant une éclosion d’idées en permanence.

L’intégralité de l’article ICI ou pdf sur demande.

Les maux inavoués des adultes surdoués

Les maux inavoués des adultes surdoués
in Le Monde du Un très bon article par il y déjà presque 3 ans dans le Monde sur le ressenti et la souffrance des AHPIE tardivement diagnostiqués. Un bon article parce que juste et sans pathos, sur un sujet rarement étudié dans la presse.

Extrait : «  Un sentiment de soulagement, de reconnaissance, et une reprise de confiance en soi. C’est ainsi que beaucoup d’adultes, tardivement diagnostiqués surdoués, décrivent ce qu’ils ont ressenti lorsqu’ils ont pu mettre un mot sur leur « différence ». Car, contrairement aux idées reçues, posséder une intelligence exceptionnelle n’est pas une garantie de bonheur et de réussite. Pas facile en effet de vivre en se sentant en permanence en décalage avec les autres, jugés trop lents, conformistes et sans fantaisie ; de supporter leurs moqueries, leur gêne, voire leur effroi face à une manière de penser, de réagir ou de s’exprimer différente.

La « surdouance », mot barbare utilisé pour désigner une intelligence hors norme et qui se caractérise par une curiosité insatiable, un mode de raisonnement arborescent (fonctionnant par association d’idées), une hyperactivité, une hypersensibilité, voire une extralucidité, concernerait environ un million d’adultes en France, selon les spécialistes. Si certains surdoués vivent très bien avec leurs aptitudes, d’autres sont en grande souffrance, se voient comme des marginaux, sont blessés de lire dans le regard des autres leur étrangeté.

« Avoir un QI élevé, ce n’est pas tellement être quantitativement plus intelligent que les autres, mais surtout avoir un fonctionnement qualitativement très différent au niveau intellectuel », souligne Jeanne Siaud-Facchin, auteure de Trop intelligent pour être heureux (éd. Odile Jacob, 2008). La psychologue surnomme affectueusement ses patients « les zèbres », animaux avec lesquels les surdoués partagent grâce et gaucherie.

C’est le cas de Geneviève Broutechoux, 52 ans, qui s’est résignée à quitter la France pour tenter de mener une vie meilleure en Angleterre où, dit-elle, « on considère les gens pour ce qu’ils font et non pour ce qui se dégage d’eux ». Diplômée d’HEC, elle a occupé en France plusieurs postes sans vraiment réussir à s’épanouir. « Je ne me suis jamais sentie à l’aise au sein d’une équipe. Cela m’irrite de constater que l’on n’évolue pas au même niveau. » Diagnostiquée surdouée récemment après des années de psychothérapie pour tenter de trouver « ce qui cloch(ait) » en elle, Geneviève a reçu cette révélation comme « une reconnaissance ». C’est en lisant le livre de Jeanne Siaud-Facchin puis celui de Monique de Kermadec L’Adulte surdoué (Albin Michel, 2011) qu’elle a compris d’où venait son mal-être. « Je me suis reconnue complètement dans les profils et les parcours retracés dans ces ouvrages », témoigne-t-elle. Un temps, elle projette de rejoindre l’association Mensa (« la table », en latin, qui regroupe des personnes à haut potentiel intellectuel et compte environ un millier d’adhérents en France), dans l’espoir de pouvoir dialoguer avec des gens susceptibles de la comprendre. Mais finalement y renonce.

A Londres, elle travaille actuellement dans le secteur de l’analyse d’opinions. « Je suis fine, je comprends très vite ce que les gens sont sans qu’eux-mêmes le sachent », dit-elle, doutant cependant de conserver ce poste longtemps. « Rien ne dure, à cause du décalage que je ressens entre moi et les autres », confie-t-elle. Sa vie sentimentale est également chahutée : « C’est difficile de rencontrer un homme réellement à la hauteur. » Quand elle regarde en arrière, elle dit ressentir « une immense détresse » : « On peut souffrir d’une mauvaise estime de soi tout en étant certain d’être quelqu’un de bien », résume-t-elle.

« Les adultes que je reçois ont longtemps vécu avec leur différence secrètement, comme un aspect négatif de leur personne dont ils ne pouvaient parler, témoigne Monique de Kermadec. Lorsqu’ils découvrent qu’ils ne sont pas seuls, qu’ils ne souffrent pas d’une pathologie psychiatrique, c’est pour la plupart l’occasion d’un redémarrage », poursuit la spécialiste.

C’est souvent lors d’une consultation pour leur enfant que des adultes découvrent leurs « surdons ». En effet, si l’on diagnostique aujourd’hui très tôt les enfants à fort QI, ce n’était pas le cas il y a une trentaine d’années. « 

La suite c’est ICI

 

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